Québec :Début des moyens de pression chez Kruger

(Trois-Rivières) Bien que la grève ne soit pas encore une option, pour l’instant, les syndiqués de Kruger Trois-Rivières en ont visiblement marre du déroulement des négociations avec l’employeur si bien qu’ils ont décidé d’entamer des moyens de pression.

Ainsi, une grève de temps supplémentaire a été ordonnée dans le but de démontrer à l’employeur qu’il ne peut songer à réduire le personnel encore une fois.

«L’employeur dit qu’il a le personnel suffisant. On n’est pas d’accord puisqu’il a fait des coupures et il les compense en faisant faire du temps supplémentaire à outrance. On est convaincu qu’il n’y a pas assez de personnel sans faire de temps supplémentaire alors il n’est surtout pas question de rajouter des coupures de personnel par-dessus ça», explique le représentant national du Syndicat canadien de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ), Claude Gagnon.

Malgré cette mesure, il n’est toutefois pas encore impératif de déclencher une grève, malgré une grogne bien palpable. Le 2 août dernier, les employés de Kruger Trois-Rivières avaient voté à 90,4 % en faveur d’un mandat de grève à utiliser au moment opportun. «Ce n’est pas ça l’objectif, c’est d’avoir le meilleur contrat de travail. Si malheureusement il faut se rendre-là, ça sera le dernier recours, mais on n’hésitera pas à le faire», rappelle M. Gagnon.

Réunis en assemblée d’information, jeudi, à l’hôtel Urbania, les syndiqués en avaient visiblement long à dire sur les intentions de l’employeur qui souhaite réduire le coût de la main-d’oeuvre, en procédant possiblement à des mises à pied. Pour les travailleurs, dont le contrat de travail est échu depuis le 30 avril 2009, il n’est tout simplement pas question de sacrifier d’autres emplois. Cet été, la compagnie avait procédé à une centaine de mises à pied aux deux usines Kruger de Trois-Rivières.

«Si la compagnie est de bonne foi, il n’y aura pas de grève. Mais je ne pense pas (qu’elle est de bonne foi). Ça ne regarde pas bien», a lancé un travailleur à la sortie de l’assemblée d’information.

Depuis lundi dernier, les négociations ont été rompues entre la direction et le syndicat. Ce dernier a d’ailleurs demandé l’intervention d’un conciliateur afin de dénouer l’impasse. «On a avisé l’employeur qu’on était disponible pour négocier s’il changeait son attitude au niveau de la table des négociations», souligne M. Gagnon.

Un conciliateur pourrait être rencontré aussi tôt que la semaine prochaine, note le représentant syndical.

Remise du 10% de salaire

Par ailleurs, puisque l’entreprise a affiché une rentabilité pendant trois mois consécutifs, la direction a redonné, hier, leur 10 % de salaire qui leur avait été soutiré en octobre 2009. Ce 10 % sera donc remis aux employés, de façon rétroactive au premier octobre dernier, date à laquelle Kruger Trois-Rivières a atteint le niveau requis de rentabilité.

Le représentant syndical indique toutefois que cette décision financière ne devrait pas influencer le cours des négociations. «L’employeur a sûrement profité de l’occasion, sachant qu’on avait des assemblées, pour adoucir un peu les moeurs des participants. C’est de bonne guerre», mentionne M. Gagnon.

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