Manifestation des travailleurs de PSA à Paris

L’Usine Nouvelle, 15 novembre 2011 :

Toute la matinée du mardi 15 novembre, près de 600 salariés de plusieurs sites de PSA ont manifesté devant le siège du groupe, où se tenait un comité central. (…)

Ce mardi 15 novembre, 500 et 600 salariés de PSA, venus d’Aulnay surtout, mais aussi de Poissy, La Garenne, Saint-Ouen, Vesoul, se retrouvent devant le siège vitré de Peugeot, avenue de la Grande Armée, à Paris. Objectif : faire entendre leur voix, alors que se tient le comité central d’entreprise qui doit annoncer combien, parmi les 6800 suppressions de postes annoncées en Europe, concernent la France.

Au départ, vu de loin, le rassemblement rappelle une construction de briques multicolores. En jaune, la CGT et ses gilets fluo ; en bleu, les drapeaux de la CFTC Métallurgie ; en blanc, ceux de Sud-Solidaires ; en orange, les gilets et drapeaux de la CFDT. Un haut-parleur arrive, les représentants CGT d’Aulnay tiennent la vedette, et très vite, est voté à mains levées le principe d’une manifestation intersyndicale. « Tous ensemble, tous ensemble ! », scandent les salariés à chaque discours. Omar, opérateur à Aulnay depuis dix ans, trouve que « c’est bon signe, cette intersyndicale, il faut que ça dure ». Le vendeur de sifflets à un euro est dévalisé, la musique s’arrête pour qu’on entende mieux les discours.

Mobilisation venue d’Aulnay

D’Aulnay, le comité central d’entreprise ne doit pas en parler. Mais huit bus sont partis le matin même du site de production parisien. « La direction aimerait que la question d’Aulnay se fasse oublier jusqu’à l’élection présidentielle, par peur que le gouvernement empêche la fermeture du site, estime Salah Keltoumi, délégué syndical CGT à Aulnay. Mais on ne va pas attendre les mauvais coups sans bouger ! On fera parler de plus en plus de nous. » Les rares cartons et pancartes résument l’état d’esprit : « Répartition du travail entre les usines ». Ce qui signifie : pas question de retirer du travail à Aulnay pour charger Poissy et Mulhouse.

Les délégués se succèdent au haut-parleur. Celui de Melun critique la façon dont le site a été fermé par la direction. Un plan social concernant les 67 derniers salariés doit être annoncé au cours du CE. « La direction avait dit qu’il n’y aurait pas de plan de sauvegarde de l’emploi et les salariés sont partis en départs volontaires avec presque rien, souligne Patrick Patault, délégué syndical CGT. Aujourd’hui, elle est obligée de faire un PSE pour les derniers… Je suis stupéfait d’avoir fait partir comme ça toute une usine de 700 personnes, dont 130 à peine ont été reclassées ailleurs dans le groupe, à Saint-Ouen ou Poissy. »

La pression monte un peu, les vigiles postés à l’entrée des bureaux décident de fermer le rideau de fer. Pas pour longtemps, quelques représentants du personnel sortent du comité d’entreprise pour une petite pause cigarette, assaillis. « On n’a parlé que de la situation économique du groupe et du contexte global », explique le délégué central de la CFDT. « Aujourd’hui, on est là, et demain on continue » chantent les salariés… Le même reproche revient dans toutes les bouches : « le groupe a reçu 3 milliards d’euros d’aide de l’Etat, il a un trésor de guerre de 11 milliards de liquidités, pourquoi faire une telle saignée dans les effectifs ? »

Quelle répartition ?

Côté chiffres, pas d’informations sûres. CFDT et CGT parlent de 4300 postes supprimés en France. « On ne saura pas quels sont les sites touchés aujourd’hui, il faudra attendre mi-décembre et les CE d’établissements », croit savoir un représentant Force ouvrière. Une seule certitude : les bureaux extérieurs, les BEX en langage local, sont très touchés, ainsi que les CDI en recherche et développement.

Quelques cadres et techniciens sont d’ailleurs là. Syndiqués, ils reconnaissent que leurs catégories professionnelles ne sont pas les plus faciles à mobiliser. Quant aux salariés des bureaux extérieurs, difficile de les imaginer à une manif… « On ne laissera pas tomber les gens avec qui on travaille parfois depuis cinq ans ! », affirme Etienne Lardeur, délégué CGT à La Garenne-Colombes, où les « BEX » perdent 400 postes en R&D.

Midi et quelques, les bus sont prêts à repartir pour Aulnay. « On va organiser des débrayages cet après-midi pour faire un compte-rendu à ceux qui n’ont pas pu venir », indique une militante CFDT.  (…)

Photos : Le Parisien

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