Fleurs : Lutte des ouvriers de Feursmétal

Le Progrès, 4 novembre 2011 :

Feurs (Loire). Afin de dénoncer le Plan de Sauvegarde de l’Emploi proposé par la direction de la fonderie (suppression de 40 postes), la CGT avait appelé hier les salariés à la grève. Cette dernière sera reconduite le 15 novembre, jour de CE.

Ils étaient près de 150 personnes, hier matin, à défiler dans les rues de Feurs. Soutenus par quelques délégations CGT Métallurgie, les salariés grévistes de Feursmétal voulaient faire entendre leur voix. Protester contre le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) proposé lundi dernier par la direction (voir notre édition de mercredi 2 novembre), portant sur la suppression de 40 postes sur un effectif global de 343 personnes. « Ce plan est une fumisterie » s’est indigné Marc Da Costa, secrétaire de section CGT au sein de l’établissement. « 40 suppressions aujourd’hui, 90 demain et après ce sera la fermeture. Voilà la menace qui pèse sur ce fleuron métallurgique de notre département » ajoute son adjoint, Roland Béraud. S’ils ne contestent pas les difficultés économiques liées à la crise (perte de 4 millions d’euros en 2010, 5 millions annoncés pour 2011) auxquelles se rajoutent les incidences de l’accident de l’été dernier sur l’activité, les deux représentants syndicaux dénoncent : « le manque de perspectives de l’entreprise qui pense redresser la barre par la simple pression sur les hommes ».

Pour Roland Béraud : « le vrai problème, c’est le manque d’investissement depuis une décennie sur ce site. Le taux de vétusté est ici de 72 % et les conditions de travail sont déplorables ». Absence d’investissement mais aussi « désorganisation du travail » sont également pointées du doigt. « Nous en sommes à quatre directeurs en six ans. Rien n’a changé. Lors du CHSCT du 14 novembre nous nommerons un expert pour mettre en place un réel plan d’organisation ». Une action qui entre dans le cadre des trois propositions formulées par la CGT : plan d’investissement à court et long terme, réorganisation des services donc et modernisation de l’entreprise, avec le montant de la transaction entre l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire et Cegelec, suite à l’incident radioactif survenu en 2010 dans l’atelier de gammagraphie.

Un nouvel appel à la grève a été lancé par la CGT pour le 15 novembre, jour de comité d’entreprise.

Agissant pour le compte de la direction de Feursmétal, l’agence de communication « FTI Consulting » a pris note que la grève d’hier « a représenté 40 % du total de l’effectif global. On a fait le compte, 150 personnes n’étaient pas là. De plus seulement 50 à 60 salariés de l’entreprise ont participé à la manifestation, dont aucun du service support concerné par les suppressions de postes ».

Elle rappelle que ce PSE résulte « des trois chocs brutaux subis coup sur coup (crise de 2009, sinistre dans l’atelier de gammagraphie de 2010 et l’explosion du four de Valdi en juin 2011), ayant fortement mis en difficulté l’entreprise ».

Le porte-parole de la direction souligne également que ce plan s’inscrit « dans un souci d’essayer de préserver l’emploi. On évite les licenciements car les quarante personnes concernées seront reclassées dans d’autres usines du groupe et en production sur le site » (1).

Elle considère enfin que « l’argent récupéré auprès des assurances, après l’incident de 2010, ne peut que servir à remettre en état l’atelier de gammagraphie ».

(1) : Les délégués CGT ont évoqué cependant le départ des premières lettres de licenciement pour le 29 novembre.

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