Le délégué CGT Bocahut sur la sellette : ses camarades crient à la « répression syndicale »

Hier matin, Patrice Kisiel, délégué syndical CGT au sein des carrières Bocahut à Haut-Lieu, était reçu par la direction du site. Pas pour parler revendications, mais pour un « entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement ». Ce, pour des faits que l’intéressé conteste. «  Inadmissible », tempête la CGT, qui voit dans cette convocation une « atteinte anti syndicale ».

Patrice Kisiel arrive, plutôt détendu. Dans quelques minutes, il saura ce que sa direction lui reproche.

Déjà, une petite quinzaine de collègues l’attend : « C’est notre délégué qui est en jeu. S’ils le virent (la direction),nous on n’est plus que des pions ici. » Le délégué mis sur la sellette a rameuté les camarades syndicalistes. Une délégation CGT venue de Vallourec et des retraités sont là. Michel Coupé, secrétaire de l’Union locale CGT et Martine Debels, responsable à l’activité revendicative CGT pour le Nord les accompagnent.

Cette convocation n’a rien d’étonnant pour eux. « La CGT a obtenu des acquis depuis 2006, la boîte est revancharde, analyse Michel Coupé. On tape sur le plus haut responsable syndical pour dire aux autres « calmez-vous ». Leur but, c’est de décapiter le syndicat.

» Même la date indiquée sur la lettre reçue par Patrice Kisiel – 13 octobre 2011 – est révélatrice, selon ses supporters : elle correspond au jour où trente-deux dossiers de salariés ont été présentés aux prud’hommes. « C’est un peu trop flagrant, note un salarié. Ils veulent faire pression sur lui pour dissuader les gens de continuer leur action. »

« Ça s’est bien passé »

Une intention « inadmissible » aux yeux de la CGT. « Une atteinte anti syndicale », dit Michel Coupé.

Martine Debels va plus loin : « C’est de la répression syndicale. On ne laissera pas faire. La direction ferait mieux d’écouter les revendications des salariés plutôt que de s’acharner sur les syndicalistes. Ils ont l’illusion qu’en décapitant la CGT ils auront la paix sociale.

» Trois quarts d’heure plus tard, l’entretien est terminé. « Ça s’est bien passé, confie Patrice Kisiel. On me reproche deux fautes commises le 17 août sur deux postes différents. Mais je ne pouvais pas être sur les deux le même jour. Donc j’ai contesté. » Selon sa propre expérience, jamais un salarié n’avait été convoqué en entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement pour le type de faute qu’on lui reproche. « Ces faits-là ou d’autres, c’est la CGT qui dérange. À travers lui on veut faire pression sur les salariés. », ajoute Michel Coupé. « Ça ne change rien, les trente-deux dossiers sont déposés aux prud’hommes », rappelle le délégué CGT.

La direction a désormais un mois pour faire connaître sa décision à Patrice Kisiel. La CGT a fait savoir qu’elle n’en resterait pas là si une mesure répressive démesurée était prise. •

La direction de Bocahut n’ayant pas donné suite à nos appels hier, elle aura la parole si elle le souhaite dans une prochaine édition.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Avesnes_sur_Helpe/actualite/Secteur_Avesnes_sur_Helpe/2011/10/27/article_le-delegue-cgt-bocahut-sur-la-sellette-s.shtml

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