Mayotte de nouveau dans la rue contre la vie chère

La Croix, 24 octobre 2011 :

« Nous continuerons aussi longtemps qu’il le faudra ! » Salim Nahouda, leader de la CGT, martèle le slogan au mégaphone sur la place principale de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. Nous sommes lundi 24 octobre au matin, et l’île entre dans une quatrième semaine de grève générale.

Cet après-midi, le syndicaliste doit participer avec ses pairs à une réunion de l’observatoire des prix en présence du médiateur, Stanislas Martin, tout juste arrivé de Paris. Une réunion qualifiée de « test » par les membres de l’intersyndicale. « Il s’agit de savoir si le médiateur est mandaté pour négocier », répète le cégétiste. Sous-entendu : si ce n’est pas le cas, nous l’ignorerons et poursuivrons la lutte.

En attendant, le ténor de la CGT locale chauffe la place. Déjà, quelques centaines de personnes se pressent pour organiser une manifestation de sensibilisation dans le centre-ville, alors que des barrages ont été dressés sur certaines voies et que la barge entre Petite-Terre et Grande-Terre fonctionne au ralenti. La plupart des secteurs d’activité de l’île sont paralysés.

Les manifestants veulent demander la fermeture des petits commerces et investir les administrations (impôts, poste, etc.) pour convaincre ceux qui sont encore non-grévistes d’arrêter le travail. Les rapports entre boutiquiers et manifestants sont tendus, ces derniers pensant, comme Salim Nahouada, que « les petits commerçants profitent de la situation de crise pour pratiquer des prix exorbitants ».

Lutte contre la vie chère

Plus que jamais, la lutte contre la vie chère est à l’ordre du jour. Alors que la réunion de l’observatoire des prix a commencé, une foule de plus en plus nombreuse converge vers la place de la République. Plusieurs personnes brandissent leur ticket de caisse, comme Mariam, infirmière libérale et mère de trois enfants, qui montre la ligne « cuisses de poulet » (la viande de poulet est très appréciée des Mahorais) : 10 kg pour 21,50 €.

« Dans les récentes négociations, rapporte la jeune femme, les grands distributeurs ont accepté de faire passer le prix pour cette quantité de 27 € à 19,90 €. Cela veut dire qu’avec une baisse de 7 € – qui soit dit en passant n’est pas encore complètement réalisée – ils ne vendent pas à perte et que, pendant des années, ils se sont remplis les poches sur notre dos. »

Ce début de quatrième semaine de grève générale est aussi un moment de vérité pour les responsables de la sécurité. Arrivé en août, le préfet Thomas Degos, 39 ans, ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’environnement, est toujours confronté à une mise en cause, par la population, des forces de l’ordre dans la mort, le 19 octobre, du manifestant Ali El Anziz.

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