Pour un mouvement d’occupation ouvrière !

Texte de nos camarades du Parti des Ouvriers en Amérique (Workers Party in America), traduction Initiative Communiste-Ouvrière.

Le mouvement « Occupy wall Street » entre dans sa troisième semaine. Il est rapidement devenu le point de convergence de toute la colère et de la frustration réprimée que des millions d’Américains, indépendamment de leur classe, ressentent comme résultat de l’austérité et de l’état-providence corporatiste [c’est-à-dire, d‘un état qui verse plus de subventions aux capitalistes qu’aux pauvres, ndt].

Ce qui a commencé avec quelques milliers de contestataires et quelques centaines d’occupants de Zucotti Park, à côté de Wall Street (la plupart d’entre eux étant des hurluberlus ou des opportunistes, comme les partisans de Ron Paul [député libertarien du Texas, membre du parti républicain, ndt] ou les groupes « 9/11 Truth » [conspirationnistes, ndt]) est devenu un vaste mouvement national, avec des groupes « Occupy » qui se créent partout dans le pays pour organiser des occupations ou des manifestations similaires. Au même moment, ce mouvement relativement modeste a ressenti la force de l’État – les forces armées du capitalisme – peser sur lui. Depuis que ‘l’occupation a commencé le 17 septembre, près de 1000 manifestants participant aux manifestations associées ont été arrêtés par la police, dont plus de 700 lors de la marche sur le pont de Brooklyn. Nous disons : Toutes les charges contre les manifestants arrêtés doivent être abandonnées.

Alors que les forces armées de l’État raflent massivement des manifestants, la plupart des médias capitalistes traitent le mouvement avec condescendance, tandis que d’autres cherchent à le conduire en direction du parti démocrate. Ces deux approches partent de la même perspective, c’est-à-dire que le mouvement aurait besoin d’une sanction « officielle » pour avoir la moindre valeur… pour les classes dominantes, bien sûr.

Alors que le mouvement des occupations à New-York a fait vibrer une corde pour des millions de gens, il est important d’examiner ce qu’est ce mouvement, quels sont ses buts et plus encore, quels fins il sert réellement.

Quand le mouvement « Occupy Wall Street » a commencé, il était d’un bout à l’autre une créature de la « petite-bourgeoisie » – des cadres, des petits patrons, des auto-entrepreneurs, des professions libérales, des artistes et ainsi de suite. Mais, alors que l’occupation se poursuivait, elle a commencé à attirer des travailleurs, passivement d’abord, puis activement.

Les travailleurs et les jeunes de la classe ouvrière n’ont pas seulement commencé à se montrer dans les manifs et les occupations, il ont aussi ramené leurs slogans et leurs idées. Ils ont marché, ils ont occupé, il se sont battus. Plus important, ils ont commencé à changer la composition de classe du mouvement « Occupy wall Street ».

C’est à ce moment que les officiels de plusieurs syndicats ont commencé à clamer leur soutien au mouvement. Ils l’ont fait, non pas parce qu’il se sentaient contraints d’y participer, ni par ce qu’ils avaient le désir sérieux de voir une réelle ésistance ouvrière contre l’austérité et le capitalisme émerger, mais pour prévenir un tel développement – pour éviter qu’il continue de se radicaliser et stopper l’émergence d’un mouvement politique indépendant de la casse ouvrière.

C’est aussi pourquoi les politiciens libéraux [c’est-à-dire de gauche, au sens américain, ndt] et leurs porte-paroles dans les médias comme Msnbc ou The nation, ont été parachutés dans les différents mouvements d’occupation, à la fois à New York et nationalement : pour empêcher que les manifestations sortent de leur contrôle.

Mais ils n’ont pas été les seuls dans leurs efforts pour conserver le mouvement sous contrôle. La structure même du mouvement est conçue pour que les occupations et les manifs n’aillent pas trop loin. L’idée d’un mouvement « sans leader » qui prend ses décisions uniquement sur la base du « consensus » et ne soulève aucune revendication, aucun slogan spécifique, est conçu pour permettre à un groupe non-élu (et qui n’a pas de comptes à rendre) de contrôler l’activité et la politique du mouvement dans les « assemblées générales » qui sont supposées être les lieux de la prise de décision.

En définitive, tout cela contribue à confiner les conceptions et les activités du mouvement « Occupy ». Les minorités les plus conservatrices ou les plus modérées peuvent dicter leur politique en bloquant les propositions radicales ou révolutionnaires, tandis que des leaders non-élus ,et « non-officiels », peuvent lancer des actions stupides ou dangereuses sans contrôle des participants.

Le mouvement « Occupy » peut être vu comme un « bon début », mais comme nous l’avons vu à travers l’histoire, plus récemment en Égypte, en Grèce et dans le Wisconsin, seule la classe ouvrière peut mettre fin à l’exploitation et à l’oppression qui domine dans la société capitaliste. Mais cette puissance ne peut pas se déchainer tant que les travailleurs sont pieds et poings liés à la petite-bourgeoisie et à leurs leaders « officiels « ou « officieux » et qu’ils ne s’organisent pas eux-mêmes pour combattre pour leurs propres intérêts, sous leurs propres drapeaux, leurs propres slogans, leur propre direction et leur programme d’action.

Plus encore, nous, les travailleurs, nous ne devons pas laisser ces démocrates de la petite-bourgeoisie nous utiliser comme fer de lance ou comme marche-pieds dans leur lutte contre leurs frères capitalistes de Washington et de Wall Street ! Au contraire, nous devons nous organiser nous-mêmes, amener nos frères et nos sœurs, tenir nos propres assemblées de masse et le faire sur la base de nos propres revendications.

La classe ouvrière doit sans doute se coordonner avec les occupants des classes moyennes quand c’est possible, mais nous ne devons pas nous laisser subordonner à eux, ni politiquement, ni organisationnellement.

Il a fallu plus d’une décennie pour que les démocrates de la petite-bourgeoisie se regroupent et lancent leurs attaques pour reprendre un peu du pouvoir qu’ils avaient perdus face à la montée du corporatisme [fusion du pouvoir politique et économique, sapant la bases de la démocratie américaine, selon l’analyse du Parti des ouvriers en Amérique] dans les années 2000. Mais nous ne devons pas les laisser employer les travailleurs comme simple marche-pieds pour revenir au pouvoir.

Voila les perspectives du Parti des ouvriers. Nous devons nous battre pour renverser le capitalisme et son pouvoir, et pour proclamer la république ouvrière, comme transition vers une société communiste sans classes. Si vous êtes d’accord avec cette perspective, ou si vous voulez en savoir plus, contactez-nous.

* Le problème, ce n’est pas seulement Wall Street ! le problème, c’est le capitalisme ! L’austérité et la montée de l’état-providence corporatiste font partie du capitalisme en décomposition. Le capital doit être défait et dépassé pour stopper ces attaques.

* Séparons nous des réformateurs de la petite-bourgeoisie ! Pour un mouvement d’occupation ouvrière ! Les éléments de la petite-bourgeoisie qui dirigent les occupations veulent seulement un capitalisme qui marche pour eux, un capitalisme où les ouvriers sont exploités, mais assez bien payés pour être passifs et silencieux.

* Pour des responsabilités claires ! « pas de leader », c’est ce qui permet à la minorité de la petite-bourgeoisie de diriger en toute impunité. Les élections démocratiques et le droit de révoquer immédiatement garantit que les décisions sont réellement contrôlables.

* Pour une plateforme ouvrière révolutionnaire ! La classe ouvrière n’a aucun intérêt en commun, ni avec les capitalistes, ni avec la petite-bourgeoisie, et nous ne pouvons pas partager une plateforme sans nous subordonner aux autres classes.

* Pour l’autodéfense ouvrière contre la terreur policière ! Les flics ont montré clairement qu’ils ne laisseraient pas se développer un défi sérieux aux classe dirigeants sans une réponse violente.

* Organisons nous et occupons nos lieux de travail ! Le pouvoir ouvrier doit venir de notre rôle dans la société et du mode de production. Exercer notre pouvoir signifie bloquer la production, en plus d’affronter les classes dirigeantes et leur État.

* Pour une république des travailleurs ! Le pouvoir de la véritable majorité signifie le contrôle ouvrier sur l’industrie et les services, et sur la société – c’est-à-dire, une république des travailleurs, basée sur les assemblées et les conseils d’entreprises, de villes et de quartiers.

Comité central du Parti des ouvriers en Amérique (Workers party in America), 5 octobre 2011

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