En Indonésie, lutte des ouvriers de la multinationale Freeport

La Croix, 18 octobre 2011 :

Payés un euro de l’heure, les travailleurs d’une des plus grandes mines d’or et de cuivre au monde réclament depuis des mois des hausses de salaires.

Manifestation des ouvriers le 10 octobre

À l’extrême est de l’Indonésie, dans la région de Papouasie occidentale, l’une des plus grandes mines d’or et de cuivre au monde, exploitée par la multinationale Freeport McMoRan, est engluée depuis plusieurs mois dans un conflit social. Lundi 17 octobre, toutes les opérations de la mine à ciel ouvert mais également celles du gisement souterrain avaient été arrêtées.

Le directeur adjoint des opérations, Nurhadi Sabirina, avait mis en cause un « acte de sabotage » à l’origine de la coupure « à plusieurs endroits » du pipeline qui achemine le concentré d’or et de cuivre extrait de la mine. Il a été réparé hier, ce qui a permis une reprise partielle de l’exploitation.

Hausse des salaires

En temps normal, la production de la mine fluctue entre 220 000 tonnes et 230 000 tonnes de minerais d’or et de cuivre par mois. Le minerai raffiné est ensuite transféré au port via un pipeline de 114 km. C’est cette canalisation qui a été endommagée. La situation reste pour le moment paralysée. « La foule réunie devant le complexe de Freeport bloque les voies d’accès », relate un porte-parole.

Depuis des mois, les mineurs réclament une hausse des salaires. Payés un euro de l’heure, ces ouvriers papous, qui affirment être les moins bien payés du monde au sein de la multinationale, revendiquent une importante augmentation. Après une première grève cet été, un deuxième arrêt de travail dure depuis le 15 septembre, suivi par 12 000 des 23 000 ouvriers que compte la mine.

Province reculée de l’archipel

La situation s’est dégradée la semaine dernière. Des affrontements entre les mineurs et les forces de l’ordre ont fait deux morts lorsque les policiers ont tiré sur la foule qui voulait empêcher l’arrivée de travailleurs contractuels recrutés par l’entreprise pour remplacer les grévistes.

Le groupe minier, qui a enregistré 2,2 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2011, doit annoncer ses résultats du troisième trimestre aujourd’hui et les analystes s’attendent à des chiffres en nette baisse. D’autant plus que la société doit faire face à une deuxième grève, cette fois-ci au Pérou, dans la mine de Cerro Verde, où les mineurs revendiquent également une hausse de salaires.

Freeport McMoRan fait l’objet de toutes les attentions de la part du gouvernement indonésien, pour qui le groupe américain est d’abord le premier contribuable du pays. La société reflète et exacerbe toutes les tensions qui perdurent depuis un demi-siècle dans cette province reculée de l’archipel.

Violences

L’histoire de la mine de Grasberg exploitée par Freeport est pavée de violences, depuis son ouverture en 1990. À intervalles presque réguliers, des ouvriers, tour à tour papous ou étrangers, australiens et américains sont tués.

Les minorités locales profitent encore très peu de l’exploitation de ces ressources, le plus souvent par des sociétés étrangères, à l’instar de Freeport, et la Papouasie, malgré ses réserves, demeure une des régions les plus pauvres d’Indonésie.

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