Mécontentement social en Algérie

Magharebia, 13 octobre 2011 :

Médecins, enseignants et chômeurs sont descendus dans les rues pour renouveler leurs demandes de meilleures conditions de travail et de vie.

Plusieurs journées de grève des professeurs entraînent des perturbations dans les écoles du pays, alors que les tentatives d’apaisement de la situation de la part du gouvernement ont échoué. Les cinq centrales syndicales co-organisatrices de ces journées d’action se sont réunies le mercredi 12 Octobre pour réitérer leurs demandes.

Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a suspendu sa participation, tandis que le SNAPEST, l’UNPEF, le SNTE et le CNAPEST ont décidé de poursuivre les arrêts de travail.

Le gouvernement avait annoncé une augmentation des salaires en Algérie le 30 septembre, mais la nouvelle avait causé une grande insatisfaction.

Les syndicats ont lancé leurs mouvements de grève le lundi 10 octobre pour demander des augmentations de salaires et une prime estimée à 50 pour cent de leurs revenus mensuels. Ils ont qualifié leur action de succès, affirmant que la quasi-totalité de leurs adhérents avaient suivi le mouvement.

Selon Nouar Larbi, secrétaire général du CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs du secondaire et du technique), le taux de participation a été de l’ordre de 80 à 100 pour cent à Alger, de 95 pour cent à Annaba, de 90 pour cent à Mascara et de 60 pour cent à Sétif.

« Cette adhésion massive à nos mots d’ordre est une réalité et non une fiction », a déclaré le secrétaire général du SNAPEST (Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique), Meziane Meriane.

Ces mouvements de protestation sont « motivés par le souci de l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs du secteur », selon Meriane.

Les chiffres officiels sont tout autres. Seuls 27 pour cent des enseignants du primaire et près d’un tiers de ceux du secondaire et des collèges ont participé à ces actions, a indiqué l’APS en citant une source proche du ministère de l’Education.

« La grève à laquelle ont appelé les syndicats autonomes est injustifiée, d’autant plus que le gouvernement a répondu favorablement à la quasi-totalité des principales revendications exprimées », ajoute cette même source.

Un argument qui n’a cependant pas convaincu les syndicats, qui affirment que le gouvernement n’a pas tenu ses engagements.

Le ministre de l’Education Boubekeur Benbouzid n’a pas répondu aux revendications des enseignants après les réunions de travail organisées en août et en septembre, ce qui a « davantage discrédité les responsables du ministère de l’Education et par conséquent, le gouvernement qu’ils représentent », a déclaré le CNAPEST dans un communiqué.

Dimanche dernier, le ministère avait annoncé une augmentation de la prime de qualification de 25 à 40 pour cent, et promis d’introduire de nouvelles primes. D’autres mesures destinées à aider les salariés du secteur prévoient des primes pour les personnels des laboratoires et administratifs. Il a également été annoncé qu’une prime correspondant à 15 pour cent du salaire de base, intitulée indemnité de soutien scolaire et de remédiation pédagogique, sera attribuée à tous les corps spécifiques de l’éducation nationale et versée avec effet rétroactif au 1er janvier 2008.

Mais les syndicats ont maintenu que les mesures annoncées étaient loin de répondre à leurs demandes, qui portent également sur le logement, la retraite et les prestations sociales.

Pour leur part, les médecins algériens se sont engagés à organiser leurs propres actions. Le Syndicat national des praticiens du secteur public (SNPSP) se réunira les 14 et 15 octobre pour coordonner son mouvement. Selon Mohamed Yousfi, une membre du SNPSP, les personnels médicaux entendent manifester leur indignation du fait que le ministère de tutelle n’ait pas respecté les engagements qu’il avait pris en mai.

Dimanche dernier, la police algéroise a arrêté 20 militants du Comité national pour les droits des chômeurs (CNDDC) alors qu’ils tentaient d’organiser une manifestation à proximité du palais présidentiel à Alger. Ce rassemblement était organisé pour demander la création d’emplois et l’extension des allocations chômage.

Les personnels municipaux envisagent également de manifester pour leurs droits. La grève du Conseil national du secteur des communes (CNSC), prévue pour trois jours, débutera le 23 octobre, et la principale manifestation sera organisée le 24 à Alger devant le palais du gouvernement.

« Nous demandons aux pouvoirs publics d’ouvrir les négociations pour associer le CNSC à l’élaboration du statut particulier et du régime indemnitaire des travailleurs des communes », a expliqué à Magharebia Yahia Ali, l’un des représentants du syndicat.

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