Frangey : La lutte des ouvriers de Lafarge continue

L’Yonne Républicaine, 24 septembre 2011 :

Les employés de Frangey, en grève depuis quatre jours, veulent entraîner dans leur mouvement les autres usines du groupe.

Une barre, un jour. Sur une grande banderole déployée à l’entrée de l’usine, les Lafarge tiennent scrupuleusement le décompte des jours de grève de la faim observés par le maire de Lézinnes et leurs 12 collègues devant le siège du groupe à Saint-Cloud.

« Ils mettent leur vie en péril pour nous »

« Ils sont tous très déterminés et soudés, certifie Olivier, un délégué du personnel. Cette grève de la faim, ce n’est pas du pipeau ! La direction pensait qu’ils allaient rentrer à la maison au bout de trois jours. Eh bien, ils les reverront lundi matin au pied du siège. »

Victime d’un malaise jeudi après-midi, le 14e gréviste de la faim, qui menait son action à l’usine, a dû, en revanche, être pris en charge par les pompiers.

« Il a refusé d’être transporté à l’hôpital. Il est rentré chez lui, mais il compte revenir ici rapidement pour continuer son action », relate un de ses collègues.

Coups de fil, mails, posts sur leur blog? Les salariés sont en contact permanent avec leurs grévistes de la faim. « Ils mettent leur vie en péril pour nous. Nous avons beaucoup de respect pour eux. Peu de personnes sont aussi courageuses pour faire ça », souffle une employée.

Hier, devant les grilles de l’usine, les discussions portaient surtout sur la proposition qu’a formulée jeudi la direction aux cinq délégués centraux syndicaux.

« Il s’agit de maintenir 15 salariés à Frangey autour de l’activité ciment pendant quatre à cinq ans. Mais le nombre des employés et le temps sont négociables », indique le directeur de l’usine, Jean-François Jacquet, qui a passé l’information au personnel.

Une promesse jugée insignifiante par de nombreux Lafarge. « Est-ce que le site servirait de station de broyage, de dépôt ou d’atelier de conditionnement ? », s’interroge un gréviste. « On ne sait pas de quoi on parle. Cette proposition, c’est fait pour diviser les gens ! Nous, ce qu’on veut, c’est la continuité du site de Frangey qui a subi la crise mais qui continuait à produire des richesses pour Lafarge ! »

Ces derniers jours, les grévistes ont multiplié les contacts avec les autres usines du groupe, dans l’espoir de déclencher un mouvement de grève national.

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