Archives quotidiennes : 24/08/2011

Libye : La fin d’un dictateur, mais pas d’une dictature

Communiqué de l’Initiative Communiste-Ouvrière, 24 août 2011 :

Selon les dernières dépêches, les forces rebelles ont pris Tripoli, et c’est la fin de la dictature sanglante de Khadafi. Mais si on assiste à la fin d’un dictateur que personne ne regrettera, on est loin d’assister à la fin de la dictature. Appuyé par les troupes de l’OTAN, c’est le CNT, Conseil National de Transition, qui dispose désormais du pouvoir. Dirigé par Mustafa Mohamed Abud Al Jeleil, ancien ministre de la justice de la dictature de Kadhafi, regroupement de cadres militaires et de chefs tribaux, le CNT ne représente en rien les aspirations de la population à la liberté, à l’égalité et à la justice sociale.

La première des annonces du nouveau gouvernement c’est de faire savoir que la Libye se dit prête à reprendre les exportations de pétrole. Et on assiste d’ores et déjà à une ruée vers l’or noir : Eni, compagnie pétrolière italienne, annonce son retour en Libye, BP déclare espérer reprendre bientôt l’extraction pétrolière, la compagnie nationale du Qatar espère avoir une part du gâteau, et si le groupe français Total et l’allemand Wintershall n’ont pas encore fait de déclarations officielles, ils se précipitent aussi sur la réouverture de la production et de l’exportation du pétrole libyen. La presse économique française et italienne jubile : « Total et Eni pourraient sortir grands gagnants de la redistribution des cartes dans le secteur grâce au soutien précoce apportés par Rome et Paris à la rébellion. »

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Paris : Manifestation nationale des sans papiers le 27 août

Il y a 9 ans, le 23 août 1996, le gouvernement Juppé envoyait les CRS défoncer à coups de hache la porte de l’église St Bernard, occupée par des sans papiers qui exigeaient leur régularisation. Cet acte de violence soulevait une grande vague d’indignation.

St Bernard est le symbole de la lutte des sans papiers et des organisations qui les soutiennent.

Les ministres de l’Intérieur se sont succédés : Pasqua, Debré, Chevènement, Vaillant, Sarkozy, Villepin, Sarkozy. Les méthodes, elles, n’ont pas changé : refus d’une régularisation globale, arrestations, détentions dans les centres de rétention, expulsions, fuite en avant dans le tout répressif, discours relayant les thèses d’extrême droite et prenant les sans papiers pour cibles dans un but purement électoraliste.

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Chili : Grève générale et illégale

Le Courrier International, 24 août 2011 :

Le bras de fer entre les étudiants et lycéens et le gouvernement du très conservateur Sebastián Piñera qui dure depuis plus de trois mois devrait s’intensifier ces 24 et 25 août avec la grève générale convoquée par la CUT (Centrale unitaire des travailleurs), principale confédération syndicale chilienne.

Des cacerolazos [forme de protestation consistant à taper sur des casseroles] se sont déjà fait entendre dans la nuit du 23 au 24 août dans plusieurs villes comme pour annoncer l’événement, souligne le quotidien Página 12.

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Histoire des Roms de Roumanie : Sept siècles d’oppression

Article qui avait été publié sur le site de l’Initiative Communiste-Ouvrière le 11 août 2010 alors que le gouvernement se lançait dans une campagne raciste contre les Roms.

Les fichages de Roms en France comme en Italie rappellent des périodes les plus sombres de l’histoire en particulier de ce peuple, victime, en Roumanie comme dans de nombreux autres pays d’Europe (comme les stérilisations forcées), d’oppression, de discriminations et même de génocide. Ce texte, écrit fin 2002, permet de revenir sur l’histoire des Roms en Roumanie.

L’esclavage en Valachie et Moldavie [1]

Partis d’Inde entre l’an 800 et 950, on estime que les Roms [2] arrivent dans le sud-est de l’Europe dans le dernier quart du 13ème siècle. Arrivés comme des hommes libres dans la principauté de Valachie, ils apportent avec eux des savoirs-faire artisanaux (en particulier dans le travail du fer) d’Inde et de l’Europe byzantine. Cette venue de travailleurs qualifiés est alors une bénédiction pour les seigneurs valaches et moldaves qui ont besoin d’une force de travail. Les seigneurs féodaux, tout d’abord en dehors de toute base légale, commencent à réduire en esclavage ce peuple. Des mesures de plus en plus sévères sont alors prises par les propriétaires terriens, les seigneurs et les monastères pour obliger cette force de travail à rester sur place. Il est à noter que face à l’esclavage, des Roms ont tenté de fuir vers l’Allemagne ou la Pologne, mais, à cause de leur teint mat, on les considérait comme des « musulmans » et, face aux cruautés qu’on leur infligeait, ils sont repartis se cacher vers les montagnes des Carpates, où ils sont retombés entre les mains des esclavagistes. Les premières traces écrites de cet esclavage date du règne de Rudolf IV en 1331-1355, où les Roms sont décrits comme étant la propriété de monastères et de propriétaires terriens. Mais ce n’est que sous le règne de Basile le Loup de Moldavie (1634-1654) qu’est instituée une loi en quarante points concernant les esclaves Roms. A partir de 1500 d’ailleurs, le terme roumain tsigan devient synonyme d’esclave.

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Doux : 260 salariés payés pour leur temps de pause

Le Télégramme, 23 août 2011 :

Châteaulin (29) : À l’issue de sept années d’un marathon judiciaire, les 260premiers chèques des fameux temps de pause ont été remis, hier, aux salariés de Doux par la CGT.

«J’ai du mal à y croire. Tant que je ne serais pas assise dans ma voiture avec mon chèque à la main, je ne crierais pas victoire», s’impatiente Pascale dans la longue file d’attente s’étalant devant le siège de Doux. Comme 260 de ses collègues des sites châteaulinois et quimpérois du groupe, elle était venue chercherson «dû tant attendu». Un «dû» qui s’élève, selon les cas, entre 2.000 € et 6.000 €. Rappelons qu’en 2004, Doux avait dénoncé l’accord de réduction du temps de travail et décidé de ne plus indemniser une demi-heure quotidienne de temps de pause. À l’issue d’un marathon judiciaire, la Cour de cassation avait jugé comme un «avantage individuel acquis» ces temps de pause. «Cela fait sept ans qu’on attend, on peut bien faire un peu la queue», plaisante Alain, un salarié de chez Père Dodu, qui ne cache pas que durant toutes ces années, lui et ses collègues ont souvent vécu des moments de découragement.

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Calais : les tullistes licenciés bloquent l’entrée de Desseilles Lace

La Voix du Nord, 23 août 2011 :

Après quatre semaines de fermeture pour congés, Desseilles Lace devait ouvrir ses portes hier matin. Mais les tullistes licenciés ne l’ont pas entendu de cette oreille. Soutenus par la CFDT et la CGT, ils ont bloqué les portes de l’usine et ont empêché leurs collègues d’entrer. L’activité n’a redémarré que vers 14 h, après une entrevue avec la direction. …

Pour comprendre les raisons de ce mouvement, il faut revenir un mois en arrière. Le 21 juillet, le tribunal de commerce accepte le plan de reprise de l’entreprise Desseilles Fabrics par son directeur, Jean-Louis Dussart. Depuis le 1er août, le dentellier se nomme Desseilles Lace, et est détenu par Jean-Louis Dussart, Gérard Dezoteux, Michel Berrier (à hauteur de 65 %) ainsi que par les dentelliers caudrésien et cambrésien Solstiss et Bracq (35 % à eux deux). Le plan de reprise prévoyait la réduction des effectifs, de 98 à 74 salariés.

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48 heures de grève générale au Chili

AFP, 23 août 2011 :

Le gouvernement du président chilien Sebastian Pinera va être confronté mercredi et jeudi à sa plus forte fronde sociale en 17 mois au pouvoir, avec une grève de 48 heures à l’appel du principal syndicat du Chili, s’ajoutant à une forte mobilisation étudiante depuis trois mois.

Une manifestation de masse est prévue jeudi à Santiago, à l’appel de la CUT, la première centrale syndicale du pays avec près de 800 000 affiliés, à laquelle se sont joints plusieurs syndicats du secteur public, dont celui de la Codelco, géant chilien du cuivre qui produit 11% du métal rouge mondial.

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