Montée de la répression antisyndicale à Fidji

L’ICEM s’est jointe à des syndicats d’Australie, de Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni pour protester contre les abus flagrants commis contre les syndicats par la dictature militaire de Fidji.

Samedi 13 août, deux jours à peine après que le dictateur Josaia Voreque Bainimarama ait tenté de convaincre une délégation de haut niveau de l’OIT, dont son Directeur général adjoint Guy Ryder, que les droits syndicaux étaient respectés à Fidji, la police a fait irruption à la réunion du conseil national du Congrès syndical de Fidji (FTUC) et révoqué le permis de la centrale nationale.

Cela survenait dix jours après les arrestations de Daniel Urai, ancien membre du Syndicat des travailleurs de l’électricité de Fidji, affilié à l’ICEM, et Président de la FTUC, et du militant syndical Dinesh Gounder, en application de la nouvelle loi d’urgence de Fidji, pour avoir rencontré des syndicalistes sans autorisation. Ils ont été inculpés de rassemblement illégal après avoir rencontré des travailleurs de l’hôtellerie pour parler d’un projet de convention collective.

Daniel Urai,                                Dinesh Gounder

Tous deux ont été libérés sur caution le 4 août et doivent comparaître devant le tribunal d’instruction de Nadi le 2 septembre pour répondre de ces accusations. (Voir la lettre de protestation de l’ICEM ici).

Ces arrestations, ainsi qu’une répression antisyndicale plus large, dirigée en particulier contre le Secrétaire national de la FTUC Felix Anthony, sont vues comme des représailles contre des dirigeants syndicaux fidjiens qui s’étaient rendus en Australie et en Nouvelle-Zélande pour dénoncer la dictature militaire du Commodore Bainimarama.

À l’initiative de l’Australian Council of Trade Unions (ACTU), des syndicats australiens ont lancé une série d’actions directes contre Fidji afin de compliquer les tactiques brutales de son dirigeant. L’Australian Transport Workers’ Union (TWU), par exemple, a menacé de ne pas charger ou faire le plein des avions de la compagnie Qantas à destination de Fidji, ce qui aurait un impact considérable sur l’industrie touristique du pays. Cette mesure concernerait aussi Air Pacific, le transporteur national de Fidji qui est aussi partenaire de Qantas.

Le 2 septembre, date de la comparution en justice d’Urai et Gounder, l’ACTU organisera deux manifestations devant les consulats de Fidji de North Sydney et de Deakin, près de Canberra.

Le dictateur Bainimarama avec les représentants de l’OIT, la semaine dernière

Le 8 août, le Trade Union Congress britannique et notre affilié GMB ont appelé la multinationale du sucre Tate & Lyle à questionner le régime Bainimarama sur ses abus. Tate & Lyle achète la totalité du sucre exporté par Fidji et le dirigeant illégitime détient une participation de contrôle dans la production sucrière.

Le jour de l’arrestation d’Urai et Gounder, le 3 août, Bainimarama, le Premier ministre autoproclamé après un coup d’État en 2006, a promulgué un Décret sur l’emploi dans les industries nationales essentielles qui interdit toutes les actions collectives, dénoncera toutes les conventions collectives dans un délai de 60 jours et limitera la progression des salaires et des prestations.

Malgré cela, Bainimarama a déclaré la semaine dernière à la délégation de l’OIT que son intention n’est pas d’interdire les syndicats ni de supprimer les droits des travailleurs. La communauté internationale n’y croit guère, et surtout pas le gouvernement australien qui a rappelé son ambassadeur à Fidji.

Le 4 août, jour de l’arrestation d’Urai et Gounder, le ministre australien des affaires étrangères par intérim, Martin Ferguson, a publié un communiqué disant : « Depuis 2006, le régime Bainimarama a abrogé la constitution, a enfermé des dirigeants politiques, destitué des juges indépendants, censuré les médias et limité les réunions de la société civile, y compris des groupements religieux.

« Malgré l’engagement d’organiser des élections en 2014, il n’est pas certain que le régime ait l’intention de tenir sa promesse.

« La limitation des droits au travail s’inscrit dans une campagne concertée visant à réduire les droits humains de la population de Fidji. Les droits des travailleurs de Fidji sont visés par une série de décrets qui restreignent les droits au travail, le dernier en date portant sur les industries essentielles. »

Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses, 15/08/2011.

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