Le point sur les protestations en Israël

Dans un article publié le samedi 30 juillet 2011 sur le mouvement de protestation en Israël, le Parti Communiste d’Israël indique que samedi soir des protestations de masse ont eu lieu à Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva, Ashdod, Ashkelon, Modi’in, Kiryat Shmona, Nazareth et d’autres villes contre la hausse des prix. Selon les premières informations, ces manifestations ont été encore plus importantes que celles du samedi 23 juillet. Il est à préciser que ces protestations mobilisent à la fois la population juive que la population arabe (qui représente 20% de la population israélienne) du pays.

Manifestation samedi à Tel Aviv

Alon-Lee Green,militant ouvrier de 22 ans et un des principaux organisateurs des protestations du boulevard Rothschild à Tel Aviv a ainsi déclaré avant la manifestation que les protestations du samedi 30 « seront encore plus massives. Il y aura des protestations dans onze villes en même temps. Ces manifestations regroupent tous les différents protestataires : les enseignants, les mères, les docteurs, les familles de la classe ouvrière, les Juifs et les Arabes, toute sorte de gens » et a ajouté « la dernière manifestation était à propos du logement, mais celle-là sera plus grande parce qu’elle est à propos de tout, contre le gouvernement de droite et contre le capitalisme et le néo-libéralisme ».

Jeudi, des stagiaires psychologues ont rejoint le camp de tentes du boulevard Rothschild à Tel Aviv pour dénoncer que qu’ils appellent la situation désespérée des psychologues des cliniques. Les stagiaires psychologues disent que l’Etat tente de détruire le service public de santé mentale au nom de sa politique de privatisation.  Plusieurs écrivains célèbres comme  Meir Shalev, Yoram Kaniuk, Etgar Keret, Eshkol Nevo et le poète Ronny Somekont aussi rendus visite jeudi au campement de tentes du Boulevard Rothschild pour apporter leur soutien à la lutte.

La marche des poussettes

Jeudi, des milliers de parents ont participé à des « marches des poussettes » pour protester contre « le prix élevé pour pouvoir élever un enfant en Israël ». La principale marche a eu lieu à Tel Aviv et des manifestations similaires ont aussi été organisées dans une douzaines de villes comme Rehovot, Kfar Saba, Ashdod, Haïfa et Beer Sheva.

Marche des poussettes à Tel Aviv

Plus de 4.000 parents ont manifesté à Tel Aviv, 600 à Raanana, 300 à Haïfa et des douzaines dans des petites villes comme Yehud, Nes Ziona et Rishon Lezion. Les manifestants portaient des banderoles et pancartes avec des slogans comme « Bibi rentre chez toi », « une grand-mère n’est pas une banque », « nos enfants réclament la justice sociale », « des gosses, pas seulement pour les riches ». Les manifestants ont annoncé une prochaine manifestation à Jérusalem dimanche prochain.

Jérusalem : Pour la justice sociale et contre l’homophobie

Jeudi, le mouvement de protestation pour le logement s’est uni à la communauté homosexuelle pour se joindre à la gay Pride de Jérusalem (qui est chaque année sous la pression et les menaces des réactionnaires religieux). La marche a commencé Parc de l’Indépendance pour se diriger vers la Knesset, où des militants ont installé un campement ces dernières semaines pour dénoncer la hausse des prix du logement.

Suite à la marche, un meeting a été organisé à côté du Parc des Roses où plusieurs personnalités et députés ont pris la parole. Le député communiste Dov Khenin a pris la parole pour dire : « C’est une marche de la fierté contre un gouvernement de honte, un gouvernement homophobe, un gouvernement qui ne comprend pas que toutes les luttes sont une lutte commune pour la justice sociale. »

Protestations vendredi à Tel Aviv et Jérusalem

Vendredi, des centaines de personnes ont participé à une action à Tel Aviv contre la hausse des prix. Les manifestants, protestant contre les hausses des prix récentes et en particulier la hausse du prix du carburant, ont bloqué la route à l’intersection entre la rue du Roi Saul et la rue Ibn Gvirol. Ils chantaient « le peuple veut la justice sociale ». Ze’ev Grawer, qui avait organisé la protestation, a déclaré aux journalistes que si le gouvernement ne répondait pas aux revendications, ils bloqueraient toutes les routes du pays lundi prochain.

Vendredi matin, les médecins en grève sont arrivés à Jérusalem où ils ont installé un campement de tentes devant le bureau du premier ministre Netanyahou. L’Association Médicale Israélienne veut remettre à Netanyahou une pétition signée par plusieurs dizaines de milliers de personnes pour « sauver la médecine publique ».

Dans la nuit de vendredi à samedi, un groupe de colons et de militants d’extrême-droite ont attaqué le campement de protestation situé au centre de Tel Aviv.

Manifestations de masse le samedi 30 juillet

Dans un communiqué publié le 30 juillet, Hadash (Front pour la Paix et l’Egalité, animé par le Parti Communiste) indique que lors des manifestations de samedi, 150 mille personnes ont manifesté à Tel Aviv, et des dizaines de milliers dans une dizaine d’autres villes comme Jérusalem, Haïfa, Nazareth, Beer Sheva, Kfar Saba, Raanana, Baka al-Gharbiya, Ashdod, Kiryat Shmona et Netanya, sous le mot d’ordre « le peuple veut la justice sociale ». C’est la plus grande manifestation de protestation sociale depuis la création d’Israël.

Vers la grève générale ?

A noter que selon le Parti Communiste d’Israël, la question de la grève générale commence à être discuté de façon de plus en plus sérieuse. Plus de 20.000 personnes sont d’ores et déjà inscrite sur un groupe Facebook qui appelle à se mettre en grève dès le lundi 1 août pour se rendre en masse devant la Knesset à Jérusalem.

4 réponses à “Le point sur les protestations en Israël

  1. ouaıs maıs ıls en ont rıen a foutre des palestınıens. sı c’est la crıse du logement ıls peuvent en vırer d’autres, non ?

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    • Cette lutte démontre que, contrairement à ce que cherchent à faire croire les nationalistes des deux bords, la population israélienne n’est pas un bloc monolithique derrière le gouvernement et que le gouvernement ne représente pas plus les Israéliens que Sarkozy ne représente « les français »… La société israélienne est, comme toutes les sociétés actuelles, divisée en classes, avec un Etat au service de la bourgeoisie. Et cette lutte remet bien en cause les politiques nationalistes et militaristes du gouvernement israélien, puisque tout l’argent utilisé par le gouvernement pour le militarisme et l’occupation est justement de l’argent qui n’est pas utilisé pour le logement, les écoles, les hôpitaux et autres structures utiles à la population. Enfin, que la population d’Israël, comme celles des autres pays du Moyen-Orient, se lève contre les politiques d’austérité, est bien la preuve que la véritable division, au Moyen-Orient comme ailleurs, n’est pas entre tel et tel peuple, mais bien entre les exploités et les exploiteurs.

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    • PS : Lorsqu’il y a des luttes en France, on ne commence pas par s’interroger sur ce que les protestataires pensent des crimes de l’Etat français en Afrique et ailleurs.

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  2. Pingback: Israël : 150.000 employés municipaux en grève | Solidarité Ouvrière

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