Chez Air France, les mécaniciens aussi sont en grève

Voilà un mois et demi qu’une partie des mécaniciens d’Air France est en grève, ce qui entraîne des retards de vols. Les pilotes, eux, maintiennent leur préavis pour ce week-end et surtout le prochain.

Chez Air France, une grève peut en cacher une autre. Le conflit avec les hôtesses et les stewards à peine désamorcé, voilà la compagnie (qui annonce aujourd’hui une perte de 197 M€ au 1er trimestre de son exercice) confrontée à une autre grève, qui, celle-là, s’enlise.

Déjà sept semaines qu’une partie de ses 4 000 mécaniciens débraie.

Alors que le chassé-croisé entre vacanciers va démarrer, ce mouvement pourrait même engendrer quelques perturbations. Les grévistes, chargés de la maintenance des 260 avions aux couleurs d’Air France, réclament un coup de pouce de 300 à 600 € brut par mois, estimant leur qualification mal reconnue. Ils comptent durcir leur mouvement dès ce soir 22 heures si les négociations n’avancent pas. Cela alors que trois syndicats de pilotes (minoritaires) d’Air France ont maintenu leur préavis de grève entre le 29 juillet et le 1er août « faute d’avancées avec la direction sur l’organisation du travail dans les futures bases de province ».
Ce conflit des mécanos n’est pas sans incidences sur le trafic. D’un côté, la direction d’Air France minimise les faits, expliquant que seuls sont concernés entre 50 à 100 personnes par jour. De l’autre, elle admet que la régularité de ses vols en souffre. « Sur Charles-de-Gaulle, on a de 15 à 20 retards par jour sur les moyen et long-courriers. Chaque semaine, cela nous oblige aussi à reporter un à deux vols long-courriers. Leur décollage était prévu le soir, ils partent seulement au petit matin », explique un responsable de la compagnie. Ce conflit se concentre sur Roissy, mais il touche aussi Orly et marginalement Toulouse. Au-delà des problèmes de retard des vols, les syndicats de mécaniciens soulèvent aussi la question de la sécurité. Pour remplacer les grévistes, Air France a fait appel à des cadres sur la base du strict volontariat. Selon les syndicats, certains de ces cadres n’auraient pas la qualification requise, ce que la direction dément formellement.
Autre dossier sensible qui inquiète la direction d’Air France : le préavis de grève déposé par le tout-puissant syndicat des pilotes, le SNPL, pour la période du 5 au 8 août. Là, pour une fois, Air France n’y peut pas grand-chose. C’est le gouvernement qui est visé et prié par les pilotes d’accélérer le pas sur la réforme de la Caisse de retraite des navigants, décidée il y a trois ans déjà. « Là, on est au milieu de la mêlée, comme les passagers » soupire-t-on au siège de la compagnie. Devant ces risques de perturbations, Air France engage les passagers à se renseigner avant leur départ, notamment sur son site.
Le Parisien, 28/07/2011

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