Borre : Débrayages chez Plastiques Gosselin

La Voix du Nord, 2 juillet 2011 :

Jamais l’entreprise familiale aux 340 salariés, aujourd’hui dans le giron du leader américain Corning, n’avait connu un mouvement de grève. Mais, depuis mercredi à minuit, les débrayages se succèdent devant l’entrée de Plastiques Gosselin. Environ 90 % du personnel présent tient le piquet, tous services confondus, exprimant un « ras-le-bol général ».

Ils réclament une augmentation des salaires, un treizième mois, plus de « respect à la personne »… Hier, entre 11 h et midi, ils étaient plus d’une centaine devant l’entreprise, calmes, mais déterminés. La valse des débrayages a commencé mercredi à minuit. Les équipes de jour et de nuit se succèdent, passant tour à tour une heure sous les drapeaux des syndicats FO, CFE-CGC, CFDT et CGT. « Ça dure une heure car notre but est de montrer le mécontentement de l’ensemble du personnel et de continuer à produire pour la pérennité de la société », insistent les syndicats par la voix de Loïc Blondel, délégué CFE-CGC. Pas d’intersyndicale pour l’instant « mais on parle d’une seule voix ».

Comme l’ensemble des services de l’entreprise : « Cadres, cadres assimilés, agents de maîtrise, ouvriers, employés… C’est un mouvement collectif. » Des jeunes, en poste depuis quelques années, et d’autres : « Trente-cinq ans de boutique ! Et une augmentation de 50 E bruts en cinq ans », lance l’un. « Cette dame-là, ça fait trente-neuf ans. Et au bout de trente-neuf ans, on l’a mise aux prud’hommes, à propos de la suppression d’une prime. On l’a sélectionnée au hasard ! », pointe un autre.

« C’est le ras-le-bol général ! », clament-ils à l’unisson. « Le mal-être accumulé depuis trois ans suite au rachat par la caisse des dépôts et consignations (NDLR : en 2007) s’exprime, dixit Loïc Blondel. Et ce sont eux qui en font les frais. » « Eux », c’est-à-dire le groupe américain Corning, lui même propriétaire de la société depuis 2010.

Les grévistes souhaitent négocier directement avec les représentants du leader d’outre-Atlantique « et avec Jean Gosselin (président directeur général), qui a encore toute la confiance des salariés », mais « avec personne d’autre ». « On a perdu toute confiance en Thierry Van Twembeke (directeur général) et Catherine Scherer (directrice des ressources humaines) », soulignent-ils dans un mail adressé hier matin à Corning et à la direction.

Thierry Van Twembeke n’a pas refusé de nous parler, hier, mais s’en est tenu aux « consignes » du groupe, à savoir : « Seul le président Jean Gosselin peut communiquer sur le sujet ». On sait en revanche que Thierry Van Twembeke a envoyé un courrier à des représentants syndicaux, les invitant à la réunion d’ouverture des négociations annuelles sur les salaires mercredi, à 15 h.

Les grévistes, eux, souhaitent « démarrer les négociations lundi : on veut reprendre le travail normalement dès lundi afin de ne pas mettre en péril la société. Dans le cas contraire, nous craignons que le mouvement de grève prenne de l’ampleur ». Calmes… mais déterminés.

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