Syrie : Malgré la terreur, la lutte continue pour renverser la dictature

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°10« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Selon les derniers chiffres des organisations de défense des droits humains, on compte déjà un millier de morts, victimes de la répression du régime de Bachar al-Assad, depuis le début du soulèvement populaire en Syrie. A Deraa, Homs, et Banias, ce sont les les chars et l’armée qui interviennent pour réprimer et terroriser la population. C’est là de nouveaux crimes du régime baath syrien, après des décennies de répression contre toute opposition, de discriminations contre la minorité kurde privée de citoyenneté, d’état d’urgence, de lois misogynes, etc.

Mais malgré ce régime de terreur, le soulèvement commencé le 15 mars, montre que, comme en Egypte, en Tunisie et dans les autres pays d’Afrique du nord et du Moyen-Orient, la population ne veut plus de ces régimes dictatoriaux, policiers et corrompus. Quelque soit les idéologies, nationalistes arabes comme en Syrie, nationalistes kurdes comme au Kurdistan d’Irak, islamistes chiites comme en Iran ou islamistes sunnites comme en Arabie Saoudite, les formes de l’appareil d’Etat, dictature militaire comme en Egypte ou monarchie comme à Bahreïn, leur positionnement, pro-occidentaux comme le Yémen et l’Irak, ou « anti-occidentaux » comme l’Iran et la Syrie, on trouve la même colère de la population contre ces régimes, la dictature et la corruption, et pour la liberté et les revendications sociales. Quelques soient les régimes, face aux luttes et révoltes de la population, on assiste aussi à la même répression sanglante, comme en Libye où Kadhafi n’a pu réprimer que grâce aux armes vendues par les Etats occidentaux et en particulier la France, à Bahreïn où l’armée saoudienne a écrasé le soulèvement avec le soutien des Etats occidentaux, en Syrie où le régime peut compter sur les mercenaires iraniens pour terroriser la population, au Kurdistan d’Irak où les milices nationalistes ont ouvert le feu sur les manifestants le 18 avril à Souleimaniye… et même dans les pays où les soulèvements populaires ont récemment fait dégager des dictateurs, comme en Egypte où, sans Moubarak, le régime militaire tente, avec le soutien des Frères Musulmans, d’interdire les grèves et les manifestations.

Pour tous les régimes de la région comme pour les Etats occidentaux, il s’agit de « rétablir l’ordre », un ordre, l’ordre actuel, basé sur l’exploitation de la majorité de l’humanité au profit d’une infime minorité, un ordre qui signifie, toujours plus de misère et de pauvreté pour la majorité alors que les richesses s’accroissent. Mais cet « ordre », malgré les chars, malgré la répression, les arrestations arbitraires et les exécutions, est basé sur du sable. C’est ce que nous montre le soulèvement populaire en Syrie aujourd’hui, après ceux de Tunisie et d’Egypte, c’est ce que nous montre la puissante grève, commencée à la mi-avril de milliers d’ouvriers de la sous-traitance des complexes pétrochimiques du sud de l’Iran, les manifestations de masse qui continuent au Yémen ou en Irak et les grèves qui se multiplient en Algérie.

Il est temps que, après Ben Ali et Moubarak, dégagent aussi tous les autres dictateurs de la région, que dégagent les Al-Assad, les Saoud, les Bouteflika et autres Khamenei !

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