Les salarié(e)s du Nid cerdan en grève reconductible

L’Indépendant, 23 juin 2011 :

Une banderole s’affiche depuis ce matin sur le bord de la RN116, à l’entrée de Saillagouse (Pyrénées-Orientales). Devant, les personnels de la Maison spécialisée le Nid cerdan, sont en grève et entendent bien le faire savoir.

La raison de ce ras-le-bol général : un sous-effectif quasi-permanent des personnels de proximité et techniques qui met en péril le bon fonctionnement de l’établissement, au détriment des patients.

Suite à un manque récurrent d’effectif, trente-cinq personnels sur cinquante-cinq se sont mis en grève dès mardi à l’appel du syndicat FO. « Nous sommes ici pour dénoncer les conditions de travail et le manque de personnel récurrent qui exerce son service auprès des résidents. Quatre personnels de proximité pour trente-deux résidents, c’est tout simplement intenable ».

Ce personnel comprenant les aides-soignants et les aides médico-psychologiques intervient directement dans la prise en charge permanente et globale de la personne.

Directement concernés par le manque d’effectifs, ils ne peuvent prendre en charge correctement les résidents lourdement handicapés qui sont à leur charge. « Nous voulons préserver et la santé et l’éthique professionnelle des personnels qui sont dans un grand état de fatigue nerveuse et physique permanent », dit Yvette Asencio, déléguée syndicale FO.

Des conditions de travail déplorables

Il y a peu, devant le manque de place au Nid cerdan à Saillagouse, une unité, Les Bleuets, s’est ouverte provisoirement sur le site des Escaldes ; elle accueille dix résidents. Les personnels du Nid cerdan naviguent entre les deux structures, ce qui, là aussi, occasionne de la fatigue supplémentaire.

Mais ces salariés, très impliqués dans leur travail, ragent de l’impact de leur usure sur l’état général des personnes reçues. « On se bat aussi et surtout pour les patients, pour qu’ils aient une prise en charge globale. Ils en pâtissent tous les jours, on ne peut plus faire de sortie, notre devoir de service public, on ne peut plus l’assurer. Les résidents sont tout simplement en régression », dit un gréviste.

Trois personnels en plus demandés

Après sept jours de préavis, il y a eu de petites avancées, la direction UGECAM s’est engagée à revoir certaines réorganisations et un certain type de management mais toutes autres revendications demeurent lettre morte.

Au niveau du personnel, c’est l’impasse et le point de non-retour a été atteint. « La grève est reconductible tacitement à partir du moment ou tout le monde est décidé à tenir sur une certaine distance », dit un infirmier. La revendication principale est le renforcement de l’équipe de proximité. « Nous voulons trois personnes minimum en plus et que les CDD qui sont en place sur des postes permanents soient titularisés », dit encore Yvette Asencio.

Des conditions donc de travail extrêmement difficiles dans un environnement médical qui l’est déjà.

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