Chauny : Grève au centre d’appel Euro CRM

L’Union, 21 juin 2011 :

Hier, 60 salariés du centre d’appel Euro CRM ont fait grève afin de dénoncer les conditions de travail et des salaires trop bas.

Pétards, sifflets, drapeaux et musique, tout y était, hier, devant le centre d’appels chaunois. La CFDT avait répondu à l’appel à la grève nationale pour protester contre les conditions de travail et des salaires trop bas au sein de ces plateformes d’appels qui payent leurs salariés au Smic.

« Imaginez que quelqu’un qui a deux mois ou cinq ans d’ancienneté touche le même salaire à quelques euros près, ce n’est quand même pas normal. Nos salaires ne sont pas revalorisés », indiquaient les salariés du site chaunois qui emploie 245 personnes, dont une grosse partie en CDD.

Selon la représentante syndicale, 80 % des employés sont au Smic, « sans évolution de carrière, en plus, nous avons de moins en moins de primes d’objectifs et on nous demande d’être de plus en plus compétitifs. Nos conditions de travail se dégradent et les négociations avec le patronat, au niveau national, sont bloquées, car ils ne veulent rien savoir. C’est la situation à Chauny, mais elle est la même, partout en France, dans la majorité des centres d’appels. »

1 367 euros brut par mois

Hier ils étaient soixante à avoir débrayé. « C’est un bon chiffre compte tenu de pressions exercées sur certains salariés. Certains n’ont pas osé bouger, car leur contrat se termine le 30 juin, et s’ils veulent être repris… cela peut se comprendre », ajoute Corinne Bonnard, la déléguée syndicale. Toujours selon les manifestants, le nombre d’arrêts maladie atteint les 20 % dans les centres d’appels, un chiffre qui est apparemment plus élevé sur le site de Chauny. « Malgré la perte de salaire occasionnée, les gens préfèrent se mettre en arrêt plutôt que de subir des pressions quotidiennes », reprend la représentante.
Cette dernière regrette qu’il n’y ait qu’un rapport de force avec les patrons : « Aucune discussion n’est possible, tout est rejeté et ils ne veulent pas entendre parler des syndicats, nous sommes leurs bêtes noires. »

Selon les accords de 2010, un employé de niveau 1 gagne 1 367 € brut par mois. « Aujourd’hui, nous souhaitons que notre travail soit reconnu à sa juste valeur, afin que notre activité soit valorisée. »

La grève d’hier avait pour objectif de faire pression sur les patrons afin que des négociations s’ouvrent. Pour les syndicalistes, si rien ne bouge, l’action pourrait s’intensifier. « Ce mouvement, c’est aussi le moyen de montrer aux donneurs d’ordre (comme SFR, GDF ou encore Canal +) ,qui tirent les prix toujours plus bas, que derrière il y a des salariés qui peinent à vivre au quotidien. Pour nous, ça suffit, il y en a assez. »

Pour la CFDT, il ne s’agit pas d’un coup d’épée dans l’eau, c’est plutôt un coup de semonce avant que le conflit ne devienne plus dur.

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