Couvrot : Grève aux ciments Calcia

L’Union, 27 mai 2011 :

« Nous nous battons pour vos salaires » : cette banderole a été posée à l’entrée de l’usine Calcia, à Couvrot. Depuis hier 5 heures, les salariés sont en grève comme dans l’ensemble des dix sites des ciments Calcia en France. Ils répondaient à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT. Sur le site de Couvrot, 64 % des 140 salariés ont arrêté de travailler selon la CGT, le syndicat majoritaire ; 54 salariés selon la direction. Il s’agit essentiellement d’ouvriers, de techniciens et d’agents de maîtrise.

« Huit postes doivent être supprimés à l’usine de Rombas, en Moselle. Nous voulons que ce projet soit abandonné », expliquent en chœur Xavier Jean et Pascal Millet. Les deux délégués syndicaux CGT dénoncent également des augmentations salariales annuelles « insuffisantes ». « En 2010, nous avons obtenu une hausse de 0,8 % et 2,1 % en 2011. Sur deux ans, la moyenne ne couvre pas l’augmentation du coût de la vie ». Xavier Jean et Pascal Millet citent notamment le prix du carburant qui s’envole.

« Je me prive »

Il y a deux ans, Jordan, 30 ans, a intégré l’usine Calcia de Couvrot. Aujourd’hui, il fait grève. Ce rondier en fabrication fait les 5 x 8. Il travaille les week-ends en 3 x 8, les nuits et les jours fériés. Son salaire net : environ 1 500 euros net. « On ne gagne pas assez ! lâche-t-il. C’est dur physiquement de changer tout le temps de rythme. Le sommeil en prend un coup ». Avec son salaire, Jordan arrive tout juste à s’en sortir. « Parce que je me prive, précise aussitôt cet homme qui doit payer la maison, les charges. Je ne vais par exemple pas au restaurant. Lorsque l’on a une vie de famille, on privilégie les gamins. On ne fait aucun excès. À un moment, il faut se battre… »

Hier après-midi, le Comité central d’entreprise (CCE) s’est réuni au siège des ciments Calcia à Guerville (Yvelines). Dans un communiqué, la direction générale des Ciments Calcia indique qu’elle a décidé de « suspendre le projet de réduction d’effectif de huit personnes sur l’usine de Rombas ». « Cela pour permettre, en interne avec l’implication du personnel, la réalisation d’une étude approfondie des possibilités d’amélioration du fonctionnement industriel du site et notamment celui de la maintenance, est-il spécifié. Cette étude devra apporter en septembre prochain ses conclusions et ses recommandations ». « Nous ne voulons pas de suspension mais l’abandon pur et simple du projet », ont répondu les représentants syndicaux de l’usine de Couvrot, qui ont également rejeté la proposition de versement d’une « prime de 150 euros » à l’ensemble du personnel des dix sites.

Les grévistes ont décidé de reconduire le mouvement aujourd’hui. La production reste donc arrêtée. « Nous allons vite arriver à une pénurie de ciments, préviennent Xavier Jean et Pascal Millet. Le personnel est hypermotivé. Il ne reprendra pas le travail avant d’avoir obtenu satisfaction ». Des rotondes, des tables, des bancs et un barbecue ont été installés près de l’entrée de l’usine. Des vivres ont été stockés dans des glacières. Sur le site de Couvrot, la dernière grosse grève sur les salaires remonte à février 2008. Elle avait alors duré… huit jours.

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