Axter : fin de la grève, mais le feuilleton n’est pas terminé

Le ballet des camions a repris hier chez Axter, à Courchelettes (59, près de Douai), après une semaine durant laquelle la production de membranes bitumeuses a tourné au ralenti. Tous les salariés se sont remis au travail, hier, à 6 h.

La semaine dernière, la CGT avait lancé un mouvement de grève et bloqué l’accès à l’usine pour protester contre la mesure de licenciement engagée contre Jean-Marc Massemin, secrétaire CGT au sein de l’entreprise. Sa direction lui reproche d’avoir, en 2008, sorti de l’usine trois rouleaux de bitume déclassés, sans bon d’autorisation. L’inspection du travail puis le ministère du Travail ont successivement pris le parti du salarié, mais pas le tribunal administratif, qui n’a pas jugé abusive la procédure de licenciement.

Retour donc à la case inspection… Lundi, une commission de conciliation a eu lieu à Lille avec le directeur régional de l’inspection du travail et les deux parties. C’est peu dire qu’aucun terrain d’entente n’a pas été trouvé. Selon les syndicats, la direction d’Axter a botté en touche concernant la reconnaissance de la polyvalence et la prime de fin d’année réclamées (parmi les autres revendications des grévistes). Seule concession : l’embauche progressive de cinq intérimaires. « Mais cela compenserait juste les licenciements des dernières années », disent les représentants CGT.

Pas d’accord non plus sur le cas Jean-Marc Massemin : la balle est donc dans le camp de l’inspection du travail, qui donnera un avis prochainement. « L’inspecteur peut de nouveau juger abusif le licenciement de Jean-Marc Massemin si des éléments nouveaux sont apparus en sa faveur depuis le début de la procédure, explique Dominique Ben, responsable départemental de la CGT. Or c’est le cas. La CGT est, depuis, devenue majoritaire au CE (à la place de la CFTC). Surtout, un autre salarié s’est, lui aussi, vu reprocher d’avoir quitté l’usine avec des pièces sans bon d’autorisation. Mais lui n’a eu qu’une mise à pied… »

Harcèlement moral

Selon le cégétiste, c’est clair : « On veut casser la CGT au sein de l’entreprise. C’est de l’acharnement. » Malgré notre appel, la direction n’était pas joignable hier… Pour Jean-Marc Massemin, trente-quatre ans de boîte et trois ans de travail avec la menace d’un licenciement, le sursis est prolongé. « La situation est insupportable moralement pour lui, dit Dominique Ben. On n’abandonnera pas notre camarade. » La CGT a l’intention de déposer plainte pour harcèlement moral et discrimination syndicale.

• FABIEN BIDAUD

http://www.lavoixeco.com/actualite/Secteurs_activites/Sous_traitance_industrielle/2011/05/25/article_axter-fin-de-la-greve-mais-le-feuilleton.shtml

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