Gonesse : Le lycée se mobilise pour sa prof menacée d’expulsion

Le Parisien, 24 mai 2011 :

L’établissement de Gonesse (95) est en grève aujourd’hui pour dénoncer l’expulsion de Sandra Tarazona, une prof d’espagnol. En fin de contrat, cette Colombienne doit quitter la France avant vendredi.

Manifestation le 23 mai à Créteil

On se mobilise au lycée René-Cassin de Gonesse pour sauver Sandra Tarazona. Cette Colombienne de 30 ans, professeur d’espagnol remplaçante dans l’établissement, est sous le coup d’une mesure d’expulsion. Alors que son contrat prend fin aujourd’hui, elle devrait avoir quitté la France, direction Bogota, avant vendredi. Une situation qui scandalise ses collègues et l’administration du lycée, mais aussi ses élèves de 2de, 1re et terminale à qui elle enseigne l’espagnol depuis février.

Tous la soutiennent en stoppant les cours aujourd’hui et en manifestant leur colère à 11h30 sur l’esplanade près du lycée, accompagnés également de parents.

Sandra Tarazona est arrivée en France il y a six ans dans le but de parfaire ses études. « J’ai obtenu un visa d’étudiante que j’ai renouvelé tous les ans. Cela m’a permis d’obtenir une licence de sciences du langage, puis un master 1 et 2. Je suis également titulaire d’un autre master en texte, discours et communication », détaille l’enseignante, domiciliée à Ivry (Val-de-Marne). En 2009, elle décide de rester en France et d’obtenir le statut de salariée. « Mon objectif était de devenir assistante d’éducation auprès de l’académie de Créteil », précise-t-elle. Mais, mauvais concours de circonstances, alors que le rectorat de Versailles la convoque et lui offre un poste de professeur d’espagnol remplaçant à Gonesse, la préfecture du Val-de-Marne lui aurait refusé dans la foulée son nouveau statut. Elle commence à enseigner au lycée René-Cassin, mais la procédure administrative est lancée.

« J’ai reçu le 7 mai l’arrêté d’expulsion daté du 28 avril, alors que mon contrat s’arrête ce mardi. Mais j’ai envie de terminer l’année scolaire avec mes élèves. Je sais que le professeur titulaire ne reviendra pas avant et il y a le baccalauréat dans quelques jours. Ce n’est pas juste… », insiste Sandra. Elle est d’ailleurs en mesure de fournir une promesse d’embauche qui prolongera son contrat et lui permettrait d’obtenir un titre de séjour. Mais ses heures en France sont désormais comptées, d’où l’élan qui se crée autour d’elle.

Hier matin, Alain Boissinot, le recteur de l’académie de Versailles en visite à l’université de Cergy-Pontoise avec le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, était parfaitement informé de la situation. « Comme il s’agit d’une enseignante contractuelle qui a donné toute satisfaction, nous avons signalé la semaine dernière au préfet compétent les bons éléments d’appréciation la concernant pour qu’il puisse en tenir compte », rapporte-t-il. Le recteur reconnaît d’ailleurs le caractère plutôt exceptionnel de la situation : « Cette démarche d’expulsion concerne bien plus souvent des étudiants que des professeurs. » Contactée, la préfecture du Val-de-Marne, où avait lieu hier soir une manifestation de sans-papiers à laquelle participait l’enseignante, n’a pas donné suite à nos appels.

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