Violences racistes et néo-fascistes dans les rues de Lyon

Rassemblement néo-nazi à Lyon, 14 mai 2011

Samedi 14 mai, le rassemblement du groupe néo-fasciste « les identitaires » dans le quartier Saint-Jean a rassemblé tout au plus 500 personnes venant de toute la France si ce n’est de toute l’Europe. La contre-manifestation, où se trouvait quasiment exclusivement des habitant(e)s de lyon, a rassemblé, elle, plus de 2.000 personnes.

Mais le rassemblement d’hier comme l’existence dans l’agglomération lyonnaise de deux locaux néo-fascistes servent de point de ralliement à tout un tas de brutes d’extrême-droite qui n’hésitent pas à agresser tous ceux et toutes celles « coupables » de n’avoir pas la « bonne couleur de peau », les « bonnes idées politiques » ou la « bonne orientation sexuelle ». Aussi, hier et pendant toute la nuit du 14 au 15 mai, Lyon a encore une fois été le théâtre de violences racistes et néo-fascistes.

Juste après la fin du rassemblement de l’extrême-droite, trois commerces appartenant à des personnes immigrées ou supposées telles ont été attaqués dans le quartier Saint-Jean, dont un vendeur de Kebabs. Le Progrès du 15 mai raconte la scène :

« C’est alors une horde qui s’élance dans les petites rues pavées. Des cris, des insultes, et également des dégradations. Les cibles sont choisies. Des commerçants étrangers qui tiennent des kebabs. L’un d’eux a vu sa vitrine voler en éclats. « On a eu peur, raconte-t-il, je ne comprenais parce ce qu’ils me voulaient, je ne savais pas que j’étais dans leur ligne de mire ». »

Toute personne d’origine arabe ou turque, qui croise cette bande de brute de 80 néo-nazis qui beuglent « sieg heil » dans les rues du vieux Lyon est menacée, insultée, et un jeune homme a été violemment agressé comme l’indique un article de Lyon Capitale du 15 mai  :

« Ce samedi vers 17h15, une quinzaine de personnes ont frappé un jeune homme seul dans une ruelle près de Foch (Lyon 6e). Notre journaliste présent sur place a vu la victime avec le visage en sang. Il a aussi pu constater que trois établissements du Vieux Lyon ont été attaqués. »

En soirée, des néo-nazis ont fait une descente place Colbert. Selon Rebellyon plu­sieurs per­son­nes ont été hos­pi­ta­li­sées suite à ces vio­len­ces (dans la zone autour du Phoebus et de la place Colbert), cer­tai­nes dans un état grave, dont une per­sonne placé en réa­ni­ma­tion pour la durée de la nuit. Dimanche matin cette personne était stabilisée mais passait encore de nombreux examens.

Et dans la nuit, c’est le quartier de la Croix Rousse qui a été la cible des brutes racistes. Selon Rebellyon, ces brutes ont attaqué les lieux alter­na­tifs, bars du quar­tiers, et sur­tout de nom­breu­ses per­son­nes, sou­vent au hasard. Vers une heure du matin notam­ment, le bar le Phoebus (bar reggae), situé juste à côté du Centre Social Autogéré de la Croix-Rousse, a été atta­qué. Bilan : 3 per­son­nes tabas­sées, dont une per­sonne a dû être hos­pi­ta­li­sée, des dégâts maté­riels (vitres cas­sées) sont à déplo­rer également. Une atta­que pure­ment moti­vée par la pré­sence de per­son­nes n’ayant pas la bonne « cou­leur de peau » devant le bar.

Témoignage :« Hier soir, alors que nous allions au Phoebus, un groupe d’au moins 20 néo-nazis ont atta­qué le bar. Je ne savais pas qu’il y avait une mani­fes­ta­tion nazie donc je n’ai com­pris ce qui se pas­sait que lorsqu’ils ont com­mencé à scan­der des « bam­bou­las » à l’adresse du videur, « zieg heil » etc… ils ont balancé des bou­teilles sur la devan­ture, ils sont même rentré un peu à l’inté­rieur malgré les grilles, puis se sont dis­per­sés. Nous étions deux et étant basané, je me suis éloigné dès que j’ai com­pris (ils étaient vrai­ment ultra vio­lents) et on a appelé la police, qui pour le coup sont arri­vés en grand nombre peu de temps le moment où on a appelé. »

Et il risque d’y avoir eu bien d’autres violences et agressions dont on n’a pas forcément connaissance. Cela montre déjà le vrai visage de ces « identitaires », celui de l’extrême-droite raciste et fasciste. Cela montre aussi qu’on ne peut compter sur l’Etat bourgeois, même sous sa forme républicaine, pour se défendre contre ces brutes. Si la « marche des cochons » a été interdite, le même rassemblement, le même jour, avec simplement un appel différent, a été autorisé. Les deux locaux néo-nazis de l’agglomération ont pignon sur rue, et hier, lorsqu’une centaine d’antifascistes se sont trouvés face à plusieurs dizaines de néo-nazis sur le pont La Feuillée , la police est effectivement intervenues très rapidement : pour matraquer des antifascistes et même en arrêter quelques-uns, trois d’entre eux sont toujours en garde à vue dimanche 15 à 18 heures.

2 réponses à “Violences racistes et néo-fascistes dans les rues de Lyon

  1. Et ce n’est que le début.

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  2. Pourquoi ce racisme à Lyon ? Car les bourgeois ne veulent pas se mélanger avec les pauvres. Les communautés sont séparées par les pouvoirs locaux, il n y a aucun mélange. On a crée des ghettos raciaux et sociaux.

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