Les travailleurs des Courriers d’Ile-de-France en lutte

Le Parisien, 4 mai 2011 :

Pas un véhicule des Courriers d’Ile-de-France n’a circulé hier dans le Val-d’Oise. En grève depuis lundi, les employés réclament une augmentation des salaires.

Le climat se détériore et le bras de fer engagé depuis lundi par les chauffeurs de bus des Courriers d’Ile-de-France (Cif) se fait de plus en plus rude. Hier soir, la CGT, mobilisée pour une augmentation des salaires, l’a clairement annoncé. « Les chauffeurs vont dès à présent durcir le conflit », assure Idriss Talhi, responsable CGT, dont le syndicat a déposé un préavis jusqu’au 31 mai.

Depuis le démarrage du mouvement lundi, l’ambiance se fait tendue. « Lundi matin, un responsable du dépôt de Goussainville a foncé en bus sur des grévistes, raconte un syndicaliste. Nous avons aussitôt porté plainte! » « Je suis au bout du rouleau, murmure un chauffeur, les larmes aux yeux, encore choqué. »

Hier matin au dépôt val-d’oisien des Cif à Goussainville, des blocs de béton et des palettes empêchaient les autocars de bouger. Le site, qui dessert une quarantaine de lignes dans le département et assure également le ramassage scolaire était paralysé à 100%. Au dépôt de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), où « 50% de grévistes » ont été comptabilisés hier par la direction, les lignes étaient très perturbées.

Plus tard dans la matinée, une soixantaine de manifestants ont bloqué pendant près d’une heure la gare routière Roissypôle, sur la plate-forme aéroportuaire Paris-Charles-de-Gaulle. Ils ont réclamé « des sous! », soit une augmentation de salaires de « 3% minimum » et l’attribution de primes. « On touche 1680 € brut, on travaille en horaires décalés, on n’a plus de vie de famille et on n’a pas de compensation! » tonne Djamila, conductrice. « Nous voulons notre part des bénéfices de l’entreprise », rétorque un collègue.

Le cortège s’est ensuite rendu en force au siège des Cif, au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), en bordure d’aéroport. Mais la discussion improvisée avec le directeur, Jean-Olivier Ehkirch, a tourné court. « Les revendications sont hors de propos », estime le dirigeant. Celui-ci dénonce « le blocage illégal » du dépôt de Goussainville, « car il nous empêche d’organiser un service minimum ». « Malgré une tentative ratée aujourd’hui, nous le débloquerons par tous les moyens, même si nous ne voulons pas d’affrontement », avertit le responsable.

La CGT espère la nomination d’un médiateur. « L’argent public destiné aux transports en commun ne doit pas servir à enrichir des actionnaires privés! Nous en appelons au Stif (NDLR : Syndicat des transports d’Ile-de-France). Il doit intervenir dans les meilleurs délais pour trouver une issue à cette situation », ajoute Idriss Talhi.

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