Débrayage chez Grupo Antolin à Raillencourt-Sainte-Olle

La Voix du Nord, 3 mai 2011 :

Ni une, ni deux… La grève qui a bloqué, hier matin, une partie de l’activité de l’équipementier automobile Grupo Antolin, sur la zone Actipôle à Raillencourt-Sainte-Olle, a été décidé en quelques instants seulement. En cause : un retard, comme le mois dernier, dans le versement des salaires. Même si l’entreprise n’était en rien responsable 1, le mouvement a été extrêmement suivi.

« C’est le deuxième mois qu’on a le tour ! », s’offusque un représentant de l’intersyndicale (qui unit pour l’occasion CGT, CFDT, FO et CFTC). « Habituellement, le 29 ou le 30, c’est fait, mais ce matin, on n’avait toujours rien ! », traduit une autre. Et le mois dernier, ce retard n’avait pas été sans créer quelques désagréments bancaires à certains employés… Aussi, c’est à l’unisson que le blocage a été décidé. « Tous les embauchés postés ont suivi le mouvement », explique Magalie Kant, déléguée CFDT et trésorière du CE, soit une soixantaine de personnes : l’activité Injection est donc restée à l’arrêt la partieAssemblage n’a fonctionné que grâce aux nombreux intérimaires auxquels l’entreprise a recours (NDLR : plus de 130 sur les trois équipes contre 170 titulaires).

Les grévistes ont bloqué l’usine, spécialisée dans les panneaux de porte, les « pièces au sol » (systèmes de rangement) et l’ébénisterie automobiles, de 5 h 30 à 7 heures. « Pas davantage, pour signifier qu’on voulait négocier ». Le mouvement de colère a été complété par une revendication salariale : celle d’obtenir une nouvelle augmentation de salaire, en complément de celle de 3,5 % déjà accordée en février par Grupo Antolin lors des négociations annuelles. « Suite au « coup de pouce » de 2,6 % accordé par le gouvernement après le 1,6 % déjà décidé en janvier, notre démarche était de maintenir l’écart avec le SMIC », ont expliqué les syndicalistes.

Puis, l’attente a débuté… La donne n’a pas changé avec l’arrivée de l’équipe de l’après-midi : comme le matin, tous les titulaires ont décidé de ne pas rejoindre leurs postes de travail. « Nous sommes des syndicats tolérants, mais, quand la coupe déborde… », continuait à se fâcher un délégué syndical. « On ne joue pas avec les salaires », résumait, amère, une autre.

Au début de l’après-midi, les grévistes ont appris qu’ils avaient gain de cause. La direction leur octroie 25 E net (soit une augmentation d’environ 1,4 %) et leur garantit le paiement de leurs gages avant la fin du mois. Par ailleurs, leurs fiches de salaire ne seront pas amputées de cette matinée de grève. Toutes les conditions étaient dès lors remplies pour que le travail reprenne vers 15 heures.

(1) En fin d’après-midi, hier, la direction locale de Grupo Antolin a accepté de s’exprimer à propos de ce mouvement. Elle a confirmé nos informations selon lesquelles elle était entièrement étrangère à ce nouveau retard, imputable cette fois à « un problème de traitement informatique » de la part de la banque en charge des virements de salaire. « Ce n’est, en aucun cas, un problème de trésorerie », tenait à préciser le directeur Jean-François Sabre. La banque incriminée s’est engagée à dédommager les salariés qui pourraient avoir été lésés dans l’affaire (frais bancaires…). Le mois dernier, en revanche, « On nous a dit que le groupe avait donné les ordres de virement trop tardivement », avait expliqué hier une syndicaliste. Des mesures internes ont été prises pour que cela ne puisse plus se reproduire à l’avenir.

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