Plastitube Bayonne : 47 emplois menacés

Sud-Ouest, 30 avril 2011 :

Un plan de sauvegarde de l’emploi vise plus d’un tiers des salariés de Plastitube.

Votre tube de dentifrice, celui de votre crème hydratante, de votre gel pour les cheveux, viennent peut-être de là-bas. L’usine bayonnaise Plastitube en produit 75 millions par an, dans la petite zone d’activité du quartier Saint-Frédéric. Pour combien de temps ? Ses salariés posent la question aussi abruptement. Hier, une bonne proportion de ses 127 salariés manifestaient devant l’entrée du site. Ils dénoncent le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) par lequel, 47 emplois sont menacés.

C’est là une nouvelle coupe claire dans l’entreprise qui comptait encore 235 emplois en 2001. C’est la date fatidique, selon les syndicats FO, CFDT et CGT. Daniel Dios représente le premier : « 2011, c’est l’année où notre groupe a acheté l’usine de Chimay, en Belgique. » C’est-à-dire l’usine Eurotube.

Le groupe, lui, c’est Soupletube, propriétaire de l’unité de production basque. « À l’époque du rachat par Soupletube, il n’y avait que 50 salariés. » La production a donc d’abord crû jusqu’à 118 millions de pièces. Mais l’investissement à Chimay a marqué la fin du développement.

Transferts

L’intersyndicale, qui a conduit à la grève (90 % du personnel), hier, bloquant la production, dénonce « une délocalisation déguisée ». À l’appui de cette suspicion, les manifestants désignent les « 3 millions de pièces que l’on ne produit plus depuis cette année et qui ont été transférées sur Chimay ». En plus de cette charge de travail envolée, « ils ont aussi envoyé de l’outillage que nous avions ici ». Le lien entre les deux événements semble évident au délégué syndical FO : « On a transféré le matériel nécessaire pour faire les 3 millions de pièces parties en Belgique », estime-t-il.

Plastitube accuse, selon les syndicats, un déficit. Pas le groupe Soupletube. Daniel Dios et les manifestants d’hier commencent à penser que la maison mère organise la mort à petit feu du site français. « Nous n’avons plus vu un investissement depuis 2001. Alors qu’à Chimay, ils ont acheté trois chaînes de production nouvelles, modernes et plus performantes. » Pourquoi ? Moindre coût du travail et législation plus souple, répondent les salariés en colère.

CA reporté

Un conseil d’administration était prévu hier, qui devait porter sur les comptes de l’année 2010. « Mais la direction n’avait pas transmis les documents nécessaires aux représentants du personnel » : conseil d’administration reporté. Le PSE, lui, n’est pas remis en question. Il prévoit donc 57 licenciements, pour raisons économiques, contre 10 embauches. Soit la perte de plus d’un tiers de l’effectif.

Hier, sur le site de Plastitube, notre tentative de rencontrer la direction locale a reçu une fin de non-recevoir. « Nous ne souhaitons pas faire de commentaire », a-t-on écarté. Syndicats et salariés, eux, n’écartent pas de nouvelles actions à l’avenir.

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