Manifeste de survivantes pour un monde sans prostitution

Alors qu’en France, avec la proposition de loi de pénaliser les clients de la prostitution, on peut entendre avec stupéfaction, dans des milieux qui se réclament du « féminisme », parfois même du « marxisme » ou de « l’anarchisme », des gens qui dénoncent cette proposition de loi au nom de la « liberté de se prostituer » et surtout, de la « liberté » de consommer des prostitué(e)es, nous publions ce manifeste de rescapées canadiennes de la prostitution publiée par le site de la CLES (Concertation des Luttes contre l’Exploitation Sexuelle).

MANIFESTE DES SURVIVANTES POUR UN MONDE SANS PROSTITUTION

Nous, survivantes de la prostitution ainsi que celles d’entre nous qui sont encore exploitées dans l’industrie du sexe, déclarons que la prostitution est une forme de violence envers les femmes.

Nous clamons haut et fort que la prostitution n’est rien d’autre qu’une forme d’exploitation sexuelle, l’une des pires formes permettant de perpétuer l’inégalité effarante et historique des femmes, et une violation de nos droits les plus fondamentaux.

Nous n’avons pas un beau jour « choisi » d’entrer dans l’industrie du sexe, c’est plutôt elle qui nous a choisies en se servant, entre autres, de notre pauvreté, de nos passés empreints d’agressions sexuelles, des proxénètes qui ont su deviner et profiter de nos vulnérabilités et des hommes qui, en toute impunité et avec l’accord de la société canadienne, nous ont achetées.

Nous nous opposons fermement au jugement Bedford c./ Canada, qui ne se préoccupe pas du tout des femmes les plus pauvres et les plus vulnérables en plus de faire fi de la troublante surreprésentation des femmes autochtones qui se retrouvent dans les rues de plusieurs provinces canadiennes.

Nous nous opposons également fermement à toute légalisation subséquente de la prostitution. La prostitution doit être éliminée. Elle ne doit pas être légalisée, ni totalement décriminalisée et encore moins être promue comme « un travail comme un autre » ou une alternative économique souhaitable.

Nous réclamons la décriminalisation de toutes les femmes exploitées dans l’industrie du sexe, car notre condition s’est empirée à cause de lois et de politiques qui nous ont traitées et nous traitent encore comme des criminelles, des citoyennes de seconde classe qui méritent bien ce qui leur arrive.

Nous dénonçons les clients-prostitueurs, les proxénètes, les gérants et les propriétaires d’agences, de clubs de danseuses, de salons de massage, de bordels qui agissent en toute impunité. Notre condition ne cesse de s’aggraver dans les clubs de danseuses depuis la légalisation des danses contact. Elle s’aggrave également quand les municipalités et les provinces octroient des permis à des établissements voués à la prostitution accordant du même coup une protection légale aux proxénètes, aux clients-prostitueurs et à l’industrie du sexe.

Nous exigeons que le lobby pro « travail du sexe » cesse immédiatement de s’improviser porte-parole de toutes les femmes qui ont été exploitées dans l’industrie du sexe et de celles qui le sont encore.

Nous refusons qu’il continue de parler en notre nom, car ce lobby se complaît à ignorer la majorité dont nous faisons partie. Il nous ignore et invalide notre parole parce que nous sommes toutes très critiques de l’industrie du sexe et que nous en dénonçons la violence inhérente. La masturbation intellectuelle à laquelle se prêtent certaines personnes, soi-disant solidaires des femmes, doit immédiatement cesser.

Nous réfutons l’idée que nous ayons été ou que nous sommes des travailleuses du sexe. La réalité que cette expression dissimule nous donne froid dans le dos. Que croyait le lobby pro « travail du sexe » ? Qu’en inventant une nouvelle expression, tel un coup de baguette magique, l’exploitation et la violence dont nous avons été victimes se transformeraient en travail ? Non, non et non, il ne suffit pas d’avoir de nouvelles expressions à la mode pour effacer l’inavouable, l’inexplicable.

Nous réaffirmons que la prostitution n’est ni un travail, ni un métier, ni une profession.

Nous exigeons des politiques sociales et économiques qui permettront de prévenir l’entrée dans la prostitution et qui soutiendront toutes celles qui désirent quitter la prostitution.

Nous sommons finalement le gouvernement canadien d’agir et d’adopter le modèle scandinave.

10 réponses à “Manifeste de survivantes pour un monde sans prostitution

  1. Pingback: Manifeste de survivantes pour un monde sans prostitution (via Solidarité Ouvrière) « A dire d'elles

  2. Desole mais je ne crois pas une seconde que ce texte soit ecrit par des survivantes….. N importe qui ayant travaille dans l industrie du sexe sait tres bien que penaliser les clients entraine moins de revenus pour les putes, c est a dire encore plus longtemps sur le trottoir pour celles qui veulent arreter. De nombreuses travailleuses du sexe que j ai rencontre , moi compris, ont decide de travailler tant d annee , faire assez d argent pour etudier ou acheter un fonds de commerce … puis d’arreter . Crimnaliser l industrie entrainera plus de violences pour les putes et autres…. Finalement j aimeria savior ce que vous faites de tous les autres secteurs de l industrie du sexe? Masseurs et masseuses erotiques, tantriques, actrices porno, webcam show modeles, dominatrix etc …. Toutees victimes? SVP …. c est juste ridicule ….

    J'aime

    • Je peux témoigner que ce texte a été écrit par des survivantes de la prostitution. J’étais présente, avec près de 200 personnes, au colloque auquel les auteures (femmes qui ont quitté la prostitution) ont présenté la première version de ce manifeste. Elles se sont prêtées ensuite aux questions de l’assistance. Peut-être faut-il s’ouvrir aux survivantes de la prostitution autant qu’aux propos de celles qui prétendent choisir ce soi-disant « métier ».

      Micheline Carrier, éditrice de Sisyphe (http:sisyphe.org)

      J'aime

    • Merci por ton commentaire,je sui du même avis et si comme elles e disent c,est écrit par des survivantes, elles ont eux beaucoup de brainwash car comment peu tu avoir autant souffert se faireappeer survivante et être aussi méchante envers les autres femmes qui subisent le même parcours? Ca me leve le coeurs de savoir que de femmes entre elles ne soie pas capable de s,accepter tel qu,elles sont. Aboitioniste je vous emmerde

      J'aime

  3. Vous avez jamais entendu parler des organismes qui s’occupent d’aider les prostituées à sortir de la prostitution vous qui les appelez des « putes » ? C’est vous le ridicule. Et ignorant de surcroît. Et sans doute viandard.

    J'aime

  4. Pingback: Les problèmes de la prostitution (Alexandra Kollontaï, 1909) | Solidarité Ouvrière

  5. Survivante et aussi méchante? je ny crois pas.. Nous les vrai survivante comme vous nous appelez, ne descendons pas ni ne dénigrons aucune femme comme vous le faite et ce, quelle soie travailleuse du sexe par choix ou pas.
    Je suis tanné de votre discours aAbolitioniste. NON ce n’est pas tous les femmes qui entre dans l’industrie qui en souffre. Arrêtez de dénigrer notre discours. Vous êtes surement des femmes qui ne se respecte pas, qui est mal dans sa peau, car pour penser que toute les femmes qui se prostitue sont agressé et ne se respecte pas. Au contraire,je suis travailleuse du sexe, j’ai eu mes hauts et mes bas dans la vie comme toute les femmes normale, mais jamais même si oui j’ai vécu des violences, jamais la violence a été aussi forte et c’est par vous mesdames qui se disent féministe. Non la prostitution ne peu être abolis. Mais Votre discours dénigrant et rejetant certaines femmes oui on en veut plus. Allez dont tricoter des pantoufles.

    J'aime

  6. je les appelle des putes paske j en suis une…. pfff……

    J'aime

  7. Pingback: Les problèmes de la prostitution (Alexandra Kollontaï, 1909) | Sans Compromis

  8. Pingback: Les problèmes de la prostitution (Alexandra Kollontaï, 1909) | Sans Compromis

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s