Première grève à l’usine Linpac de Noyal-Pontivy

Ouest-France, 21 avril 2011 :

Hier, 3 h du matin, l’entreprise Linpac tourne au ralenti. Selon les grévistes, ils étaient autour de 150 à suivre le mouvement pour obtenir une augmentation collective des salaires. La direction n’a pas souhaité s’exprimer.

« Ça fait 30 ans passés que je suis dans cette boîte, si on m’avait dit un jour, qu’il y aurait une grève… » Une culture qu’on connaît mal parmi les salariés de Linpac Packaging, du groupe international Linpac, basé en Angleterre et dont l’actionnaire majoritaire est la Deutsch bank. Sur le parc d’activités de Kerguilloten, elle pèse 416 salariés. « L’activité est soutenue, on a du travail » commentent les grévistes. Et c’est d’ailleurs ce que ne comprennent pas les salariés de Noyal-Pontivy. « On nous explique que la situation économique est difficile, mais nous avons donné beaucoup ces dernières années… Et nous n’avons pas eu d’augmentation conséquente depuis 2007, malgré la hausse du coût de la vie. »

« On nous demande toujours plus »

Toujours pour illustrer que la société d’emballage plastique a jusque-là vogué loin des conflits sociaux, la représentation syndicale, endossée par Isabelle Guéhennec, n’existe que depuis trois ans au sein de l’entreprise. Et parmi les grévistes, hier, ne se trouvent pas seulement des ouvriers, mais aussi des cadres. « Je suis agent de maîtrise, responsable d’équipe, confie l’un d’eux. Mon salaire est correct, je vis, je ne survis pas comme d’autres salariés. Je suis en grève par solidarité et parce qu’aujourd’hui mon rôle est de donner des coups de pieds aux fesses sans carotte ! »

Depuis plusieurs années, les salariés disent « accepter l’augmentation de la productivité sans contrepartie. » Les grévistes dénoncent également le manque d’investissement en matériel, « dans mon service, la dernière machine date de 6 ou 7 ans, quand on sait qu’elles tournent en continu… » L’appel aux intérimaires non formés est également pointé du doigt. « Dans certaines équipes, il y a autant d’intérimaires que de titulaires. Nous exerçons un métier technique qui demande une formation. »

Les grévistes sont aussi en quête de reconnaissance à l’image de cet opérateur. « Je fabrique des bobines, je suis là depuis 9 ans. Je gagne 1 480 € par mois, primes comprises. Sur le plan personnel ce n’est pas facile, on travaille le matin, l’après-midi ou la nuit. Ça change tout le temps. Ce sont des sacrifices. On nous demande toujours plus pour au bout du compte, ne rien avoir. »

Du côté de la direction, il a fallu convaincre les grévistes de revenir à la table des négociations. « Ce qui est proposé par la direction divise le personnel, résume Isabelle Guéhennec, une augmentation en fonction des secteurs, de 1,8 % pour certains à 9 % pour d’autres. Ce que nous voulons c’est 5 % pour tout le monde. » Au cours de la journée, plusieurs réunions ont eu lieu entre les délégués du personnel et la direction, « les négociations se sont déroulées dans de bonnes conditions. Nous sortons du conflit. » Direction et délégués syndicaux ont semble-t-il trouvé un accord. Entre 1,80 % et 3,5 % d’augmentation selon les secteurs d’activité de l’entreprise.

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