Chalons-en-Champagne : les ouvriers de Ecolab en grève

L’Union, 13 avril 2011 :

CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) : Le site, sur lequel les vestiges de l’entreprise Henkel restent visibles, emploie 180 personnes. 80 intérimaires sont également présents. Ecolab est spécialisé dans la production de détergents, désinfectants et produits d’entretiens pour les industries, l’hôtellerie-restauration et l’agriculture.

« Avant, dans cette entreprise, il faut reconnaître qu’on gagnait plutôt bien notre vie ». L’imparfait est de rigueur pour les grévistes installés hier devant l’entrée de l’entreprise Ecolab à Châlons. FO, CGT et CFTC ont décidé de lancer une grève qui a débuté en début de matinée, après avoir « sondé » les salariés. Le conflit qui les oppose à la direction locale porte sur les négociations salariales entamées fin mars.

Le site châlonnais est le plus important d’Europe au sein du groupe, dont le quartier général est installé aux États-Unis (Minnesota).

« Nous avons fait beaucoup de sacrifices. Les heures supplémentaires imposées, les primes disparues… Pour nous remercier, la direction nous propose d’abord 1,4 % d’augmentation sur nos salaires, soit 26,40 euros en brut. Ce matin, c’était 1,6 % » expliquent Christophe Brulon, délégué CGT du personnel, et Mohamed Benjaoued, délégué syndical CFTC.

Les syndicats citent aussi l’existence d’une prime de 450 euros « pour tout le monde ». L’intersyndicale, estimant qu’elle ne parvient pas à se faire entendre après 4 réunions de négociations, campe sur ses positions en réclamant une augmentation qui prenne en compte « le coût réel de la vie, et l’inflation ».

Les grévistes estimaient en fin de matinée avoir fédéré 70 % des embauchés.
La CFDT n’a pas rejoint le mouvement. « Nous ne sommes pas en guerre contre la direction, nous voulons simplement que l’entreprise ne rogne pas sur nos salaires » souligne Christophe Brulon. L’entrée du site a été occupée, mais pas bloquée. Les poids-lourds sont entrés et sortis sans encombre, à une exception près.

Contacté en fin d’après-midi, le directeur Denis Giraud n’a ni commenté le mouvement ni évoqué le contenu des négociations. Il a revanche rappelé que le nombre d’intérimaires (ils sont 80) sera bientôt en baisse, « sans conséquence sociale ». Ecolab confie en effet son activité logistique à un tiers, FM Logistic, qui dispose d’un bâtiment adapté et sécurisé à Saint-Martin-sur-le-Pré.

« Nous souhaitons que cette transition se passe le mieux possible, nous envisageons de développer par la suite notre site » explique Denis Giraud.
Car les vestiges d’une histoire très récente, celle de Henkel (dont la fermeture en 2009 avait été accompagnée d’un lourd conflit), sont en cours d’acquisition.
La direction préfère positiver, en mettant en avant cette expansion, symbole d’un renouveau économique après de longues années de crise.

Les grévistes, eux, se concentrent sur leur revendication.

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