Plus de 800 exécutions à Duékoué depuis novembre

Dépêche AFP, 2 avril 2011 :

« Plus de 800 personnes ont été exécutées » dans la ville de Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, depuis le second tour de l’élection présidentielle dans ce pays en novembre, affirme samedi la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH).

« La FIDH confirme l’existence de massacres dans la ville de Duékoué, à l’ouest du pays, où depuis le second tour de l’élection présidentielle plus de 800 personnes ont été exécutées. Des témoignages confirment des exécutions ciblées d’individus, notamment d’éthnie Guéré, le 29 mars 2011 dans le quartier Carrefour », dit l’organisation dans un communiqué.

Important carrefour stratégique de l’Ouest, Duékoué est contrôlée depuis mardi par les forces du président ivoirien reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara, à l’issue de deux jours de combats avec les militaires et miliciens fidèles au président sortant Laurent Gbagbo qui refuse de quitter le pouvoir.

« Nous avons des retours réguliers de nos sources que les exécutions se poursuivent », a déclaré à l’AFP un responsable du bureau Afrique de la FIDH Florent Geel.

« Selon ces sources, depuis mardi, des individus en armes sont entrés dans les quartiers, ont séparé les mâles des femmes et procédé à des exécutions. Il y aurait une ou deux bandes armées sous le contrôle des Forces républicaines de Côte d’ivoire (FRCI) » pro-Ouattara, a ajouté M. Geel.

Le Comité international de la Croix-rouge (CICR) avait estimé vendredi soir à « au moins 800 » le nombre de personnes tuées mardi lors de violences intercommunautaires à Duékoué.

Dans un premier bilan faisant état samedi de 330 morts, la Mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) a affirmé que « la plupart ont été exécutés par les dozo (chasseurs traditionnels) des FRCI ».

D’une façon générale, la FIDH « condamne les graves exactions commises contre la population civile par les parties en conflit dans le cadre de l’offensive lancée par les FRCI pro-Ouattara pour prendre le contrôle du pays, notamment la capitale économique Abidjan », poursuit le communiqué.

« A Guiglo (ouest), plusieurs dizaines de personnes auraient trouvé la mort du fait de miliciens et de mercenaires libériens en fuite vers la frontière du Libéria ».

« A Daloa (centre-ouest), à Issia (ouest), à Bondoukou (est) et dans les communes d’Abidjan, de graves violations des droits de l’Homme sont commises par des éléments des forces armées des deux camps en conflit et par des civils qui profitent de la confusion: la population est victime d’exécutions sommaires, de tueries et d’actes de pillage », dit la FIDH.

« Ce matin, des éléments des forces pro-Gbagbo auraient investi le quartier Abattoir de la commune de Port-Bouët à Abidjan forçant la population à fuir en direction de l’aéroport.

La FIDH « appelle Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo à appeler leurs forces à ne pas s’attaquer à la population civile » et « les forces de l’Onuci à multiplier ses patrouilles pour protéger la population civile, conformément à son mandat ».

Lors d’une offensive éclair cette semaine, les forces fidèles à Alassane Ouattara ont pris le contrôle de quasiment tout le pays, à l’exception de bastions à Abidjan de fidèles à M. Gbagbo.

Une réponse à “Plus de 800 exécutions à Duékoué depuis novembre

  1. Pingback: « Les travailleurs de Côte d’Ivoire n’ont rien à gagner mais tout à perdre dans ce conflit  | «Solidarité Ouvrière

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s