Foresa : la lutte continue

Sud-Ouest, 24 mars 2011 :

Ambarès (33) : Neuvième jour de conflit à l’usine chimique classée Seveso 2. Crispations des grévistes et de la direction, médiation du maire et vigilance des pouvoirs publics, à distance ou sur site, les services de l’État chargés du travail et de l’industrie se disent « intransigeants ».

Une guerre de tranchées. Ou plutôt de retranchés, chacun campant sur ses positions. Le conflit entre les ouvriers de production et la direction de l’usine chimique Foresa classée Seveso 2 haut seuil, commencé il y a neuf jours, s’enlise.

Seul résultat tangible des multiples entrevues d’hier : grévistes et direction se retrouvent aujourd’hui, à 9 heures, pour reprendre les discussions. Et encore… Il s’agit de discussion de forme plus que de fond. Il s’agit d’abord de déterminer les conditions qui permettront d’engager les négociations.

Côté grévistes, « nous acceptons de lever symboliquement les barrages le temps du dialogue mais sans que la direction en profite pour faire passer des camions », précise Gilles Bouey, ouvrier de production et délégué CGT du personnel. Côté directeurs – qui refusent toujours de répondre à nos sollicitations -, « pas question de négocier avant la levée des piquets de grève », résument les grévistes.

« Le patron est dur »

La journée d’hier a été passée à renouer les fils du dialogue. Dans le rôle des intermédiaires, l’inspection du travail : « Le but est d’amorcer un dialogue dans un climat apaisé et de dépasser la minute trente de discussions qui a abouti au clash, la veille ». L’espoir de cinq minutes d’échanges… C’est dire l’état du dialogue, proche du néant.

Pour faire le lien, il y a aussi le maire d’Ambarès, Michel Héritié, et sa première adjointe en charge de l’économie et de l’emploi, Nicole Korjanevski. Les deux élus ont passé une heure avec la direction hier matin. « Le patron est dur. Il se focalise sur l’illégalité du conflit. Avec le maire, nous l’avons averti qu’il s’engageait dans un conflit rude. Et nous avons bien insisté sur la nécessité de faire un petit pas », explique l’adjointe aux grévistes à la fin de l’entrevue.

« La direction a dit qu’on pouvait rester en grève pendant deux ans, elle s’en fout. Elle a précisé que nos revendications n’étaient pas négociables », déplore Christophe Brun, technicien de laboratoire et délégué CGT du personnel. « Comme des déchets qu’on laisserait pourrir au fond du jardin », note, presque blessé, Gilles Bouey.

Actions fortes envisagées

Revenir sur la suppression du poste de directeur de l’environnement et à l’ancienne organisation du travail : telles sont les revendications des grévistes. Les salaires revalorisés, ça vient après… « On s’était proposé pour les astreintes du week-end pour soulager certains copains de l’encadrement, la direction a refusé », précise encore les grévistes, échaudés. « Ça fait dix ans, quinze ans, vingt ans qu’on bosse ici… Ce ne sont pas les financiers qui vont nous apprendre notre boulot. L’usine, on la connaît mieux qu’eux ! »

Devant l’enlisement, les salariés commencent à évoquer d’autres formes d’action. Plus fortes. « Si la direction veut nous faire monter en pression… On lui rappelle qu’on travaille avec du méthanol sur le site », une substance inflammable.

Aujourd’hui, une chose au moins est sûre, les grévistes organisent un méchoui. « Tous ceux qui veulent nous soutenir sont les bienvenus ». Des flammes qui pour l’instant restent amicales.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s