Decaux, Thales, Alcatel, But, Alcan, Keolis : Luttes pour les salaires

Article paru dans « Les Echos » du 22 mars 2011 sur les luttes pour les salaires en France :

Sur le fronton du siège parisien de FO, la vaste banderole défendant « la retraite à 60 ans » qui a trôné toute l’année dernière a cédé la place à une nouvelle appelant à « augmenter les salaires ». Un parfait résumé du climat social : dans les entreprises comme dans les discours syndicaux, les revendications salariales reviennent en haut de l’affiche. Déjà perceptible lors des négociations 2010, le phénomène est accentué par l’annonce de bénéfices en hausse dans les grands groupes et l’envolée des prix de l’essence. Si les craintes sur l’emploi contiennent encore en partie les exigences, l’impatience gagne clairement. « Les salariés ont joué le jeu pendant la crise, mais l’essoufflement est là. Ils disent stop si les contreparties ne sont pas au rendez-vous », prévient Pierre Beretti, PDG du cabinet de conseil Altedia.

Des grèves payantes

Résultat, dans nombre d’entreprises, comme Faurecia, Mondadori ou Intermarché, les complaintes ont laissé place à des mouvements plus durs, débouchant parfois sur des grèves locales, chez Keolis, Valeo, JCDecaux ou encore Fenwick. Autres caractéristiques de ces conflits : les syndicats restent unis et les revendications salariales se doublent souvent d’exigences sur les conditions de travail, comme ce fut le cas chez Valeo ou Imperial Tobacco. Avec à la clef quelques succès notables : après une semaine de grève, les salariés de Prisma ont obtenu des augmentations de 3 % à 5,4 %. A la DCNS (chantiers navals), la direction, aux prises avec un conflit depuis plus d’un mois, a concédé la semaine dernière de 1,7 % à 1,9 % d’augmentation. Chez Alcan, le travail a repris début mars après la promesse de 2,8 % de revalorisation. Après trois jours de grève en février, les salariés des restaurants de Disney Village appartenant au groupe Flo ont obtenu, entre autres, l’instauration d’un treizième mois. Le 11 mars, le conflit s’est arrêté chez JCDecaux après la promesse, notamment, d’une enveloppe de 2 % de hausse pour les cadres.

Les tensions se dénouent petit à petit mais des conflits jouent les prolongations, comme chez Mondadori, où la grève se poursuivait vendredi. Mardi dernier, 1.500 salariés de Thales Communications, jugeant insuffisante la nouvelle rallonge de 200 euros d’intéressement, ont manifesté devant leur usine. Samedi, des débrayages ont eu lieu dans la moitié des magasins But et les syndicats menacent de recommencer ce week-end. Le cas d’Alcatel-Lucent vient aussi rappeler que tous les mouvements n’aboutissent pas. Mi-février, les annonces concomitantes par le groupe, au niveau mondial, d’un redressement des profits et d’un gel des salaires a provoqué l’indignation. Après « un gel des salaires en 2009 et un bonus nul en 2010, la coupe est pleine ! », tonne l’intersyndicale du site de Vélizy. Sans grand succès : après des semaines de discussions très tendues, la direction française a réitéré, mercredi dernier, son ultime proposition – une hausse de 50 euros des salaires mensuels -arguant que la direction monde excluait d’aller au-delà.

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