Bahreïn : La monarchie envoie des blindés contre les manifestants

TF1, 16 mars 2011 :

Les forces bahreïnies ont violemment délogé mercredi matin les manifestants qui campaient sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes depuis près d’un mois. Il y aurait des victimes.

Depuis un mois maintenant, des manifestants tenaient bon sur la place de la Perle à Manama, la capitale du petit royaume sunnite de Bahreïn. A la suite des révoltes en Tunisie puis en Egypte, les opposants au régime, en majorité chiites, réclamaient des réformes politiques. Mais après le Printemps arabe, ne viennent pas toujours de beaux jours. Mercredi des centaines de policiers de la force anti-émeutes, arrivés à bord de tanks, de véhicules de transport de troupes et de bus, ont repris le contrôle de la place après avoir lancé des dizaines de grenades lacrymogènes sur les manifestants.

Les policiers auraient également tiré au fusil de chasse sur les manifestants. Deux manifestants au moins ont été tués et un grand nombre blessés, selon un député de l’opposition bahreïnie. Plusieurs tentes, dans lesquelles les manifestants avaient passé la nuit, ont pris feu et une épaisse fumée s’élevait au-dessus du secteur survolé par des hélicoptères. Peu après l’intervention sur la place de la Perle, des coups de feu étaient encore entendus alors qu’une poignée de protestataires qui se trouvaient dans le secteur offraient une faible résistance.

La crainte d’un « massacre »

Les protestataires occupaient cette place depuis le 19 février pour exiger des réformes politiques, voire, pour certains, le départ de la dynastie sunnite gouvernant ce pays dont la population autochtone est en majorité chiite. Les dignitaires chiites bahreïnis avaient appelé dans la nuit la communauté internationale et le monde musulman à intervenir pour éviter un « massacre » dans le pays, où le roi avait proclamé l’état d’urgence mardi au lendemain de l’arrivée de troupes du Golfe.

« Toute autre force, si nécessaire »

Mardi soir, lors d’affrontements avec les forces de sécurité, un manifestant avait été tué dans le village chiite de Sitra, situé à 15 km au sud de Manama, selon des sources médicales et des militants. Plus de 200 personnes avaient également été blessées par balle, selon une source médicale locale, et 200 autres hospitalisées après avoir inhalé des gaz lacrymogènes. Un policier est par ailleurs décédé à Maamir, au sud de Manama, renversé par un opposant en voiture, selon le ministère de l’Intérieur.

Le roi avait chargé le commandant des forces armées de rétablir l’ordre en faisant appel à l’armée, aux forces de police, aux unités de la Garde nationale et à « toute autre force, si cela s’avère nécessaire ». L’assaut contre les manifestants est intervenu après l’arrivée dans le royaume de forces des pays voisins du Golfe, venues aider la dynastie sunnite des Al Khalifa à contenir la contestation. Précédemment, des policiers des Emirats arabes unis avaient été déployés à Bahreïn. Les autorités bahreïnies ont annoncé mercredi la fermeture de la Bourse, des écoles et des universités dans le pays.

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