Yémen : Sept manifestants, dont un enfant, tués par la police

Le Parisien, 13 mars 2011 :

La contestation populaire ne faiblit pas au Yémen, où l’on déplorait samedi cinq nouveaux morts, tombés sous les balles des policiers. De source médicale, un écolier de 12 ans a été tué par des tirs de la police à Moukalla, dans le sud-est du pays, lors d’une manifestation de plusieurs centaines d’élèves contre le régime.
A Sanaa, un manifestant a été tué dans l’attaque du sit-in réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh. Un troisième manifestant a été tué dans l’après-midi par les tirs d’un sniper alors qu’il tentait de se joindre à ce sit-in avec d’autres jeunes.

En fin de journée, on apprenait de source hospitalière un quatrième décès à Aden, provoquant la colère de centaines de personnes qui ont incendié un poste de police dans le quartier de Dar Saad. La police a répliqué pour disperser les manifestants touchant mortellement l’un d’eux. Deux autres personnes blessées lors de la dispersion sont décédées dimanche, ce qui porte à sept le nombre de victimes.

Tirs à balles réelles et gaz toxiques

Samedi, selon les organisateurs du sit-in à Sanaa, la police a lancé un assaut à l’aube contre les manifestants qui campent depuis le 21 février sur la place de l’Université, tirant à balles réelles et lançant des grenades lacrymogènes. Outre le manifestant tué, près de autres ont été 300 blessés, dont 30 par balles, et d’autres intoxiqués par les gaz. Le comité médical formé par les contestataires a accusé les forces de sécurité d’employer des gaz toxiques. En milieu de matinée, les forces de sécurité ont bloqué tous les accès à la place, épicentre de la contestation contre le président Saleh. Des tirs étaient toujours entendus.

Au pouvoir depuis 32 ans, le chef de l’Etat s’était engagé dans un discours jeudi à «continuer de protéger» les manifestants, qu’ils soient pour ou contre son régime. L’assaut de la police, samedi, est intervenu après que des manifestants ont étendu pendant la nuit leur camp de toile à plusieurs rues proches de la place de l’Université : ils ont ainsi dépassé les blocs de béton installés par la police pour marquer la limite autorisée au sit-in. Dans la nuit de mardi à mercredi, la police avait attaqué le campement pour la même raison, et un étudiant avait été tué.

Jets de pierres contre les policiers

«Dès trois heures du matin, la police a tenté de démonter des tentes et d’arracher des haut-parleurs dans les rues voisines de la place de l’Université, mais nous les en avons empêchés», explique Mohammad Saïd, un étudiant de 20 ans. Selon lui, la police est revenue deux heures plus tard avec des renforts. «Ils ont commencé à tirer des balles réelles et des grenades lacrymogènes mais n’ont pas pu nous déloger», a-t-il assuré. Certains manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, d’après des témoins.

Un médecin membre du comité médical mis en place par les organisateurs assure que les forces de sécurité ont employé des gaz inervants. «Ce ne sont pas des gaz lacrymogènes, mais des gaz toxiques qui paralysent le système nerveux et l’appareil respiratoire et provoquent des évanouissements», explique le docteur Hassan al-Joshaai, spécialiste du système nerveux. Ce médecin affirme que neuf manifestants ont été atteints par ces symptômes lors du premier assaut mardi soir. «Nous avons demandé aux autorités de nous fournir le traitement adéquat et nous attendons toujours», déplore-t-il.

La répression du mouvement de contestation au Yémen a déjà fait une trentaine de morts.

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