Jeudi 28 juin, à l’occasion du CCE qui se tenait à Paris, 1.500 travailleuses et travailleurs de PSA et des usines sous-traitantes se sont rassemblés devant le siège social du groupe avenue de la Grande Armée. A l’initiative tout d’abord des sections syndicales de l’usine d’Aulnay-sous-Bois (93) face à la menace de fermeture de l’usine, des ouvriers de l’ensemble des sites de PSA, comme ceux de Sochaux, Mulhouse, Vesoul, Caen, Sevelnord, Poissy, Saint-Ouen, Sept-Fons, Rennes, Valenciennes, Tremery, etc., ont répondu à l’appel ainsi que des travailleurs de la sous-traitance, une délégation de l’usine Renault de Cléon, des travailleurs licenciés de Continental Clairoix (dont Xavier Mathieu) et même des usines PSA de Madrid et d’Opel Bochum. Depuis le début de la lutte pour le maintien du site et des emplois à Aulnay-sous-Bois, c’est la plus forte mobilisation un jour de semaine. A l’usine d’Aulnay-sous-Bois, la mobilisation a été très forte : 800 ouvriers de l’usine étaient présents au rassemblement, dont 600 de l’équipe du matin en grève à cette occasion. Ainsi, ce jeudi matin, l’usine d’Aulnay était à l’arrêt et la production bloquée par la grève.
A partir de 11 heures, les premières prises de parole ont eu lieu devant le siège de l’usine : interventions au nom des syndicats de l’usine PSA d’Aulnay, de la CGT de PSA, de Sevelnord et des travailleurs de General Motors Strasbourg. Sortant de la réunion du CCE, Bruno Lemerle (Délégué Central CGT et ouvrier à Sochaux) puis Jean-Pierre Mercier (Délégué adjoint CGT et ouvrier à Aulnay) sont intervenus pour annoncer que la direction prévoyait un nouveau CCE à la fin du mois de juillet, peu avant les départs en congès, CCE où l’on craint que Varlin annonce des fermetures d’usines. Tous les intervenants mettaient en avant les profits colossaux de la famille Peugeot et des actionnaires, les milliards de fonds publics que PSA a touché en s’engageant à maintenir l’emploi, mais surtout que toutes les richesses accumulées par Peugeot et les actionnaires sont le fruit du travail des ouvriers et autres salariés, que la crise, c’est celle des grands groupes capitalistes dont PSA et de leur système économique, et que ce n’est pas aux ouvriers de payer. Le camarade de Sevelnord a dénoncé l’odieux chantage à l’emploi (gel des salaires pendant des années et flexibilité accrue en échange d’une vague promesse de maintenir le site) exercée par la direction de Peugeot. Le camarade de l’usine General Motors Strasbourg a rappelé le combat commun de tous les travailleurs contre les licenciements. Chaque intervention était ponctuée de slogans scandés par les ouvriers comme « Tous ensemble ! » et « La grève c’est la force des travailleurs ! ».
Des camarades de PSA Mardid et d’Opel Bochum sont également venus à la tribune pour rappeler que la lutte des travailleurs ne connaît pas de frontière. De fraternelles salutations ont été rapportées au nom du syndicat CGT de l’usine de Madrid, un des sites menacés de fermeture, le camarade mettant en avant l’unité de la classe ouvrière et dénonçant la direction qui ne respecte « même pas les droits humains fondamentaux des travailleurs » pour accroître les profits. Au nom du syndicat IG Metall de l’usine Opel de Bochum, les camarades d’Allemagne ont mis en avant la nécessité de répondre à l’alliance entre General Motors / Opel et PSA par une unité des ouvriers de tous les sites pour la défense de chaque site et de chaque emploi et la réduction du temps de travail pour permettre à toutes et tous de vivre.
Vers midi, à la fin des interventions, vu notre nombre, nous sommes partis en manifestation spontanée sur l’Avenue de la Grande Armée en direction des Champs Elysées en scandant des slogans contre les fermetures d’usines et « De l’argent il y’en a dans les caisses de PSA ». Très rapidement, avant même d’atteindre l’Arc de Triomphe, les nombreux CRS présents sont venus barrer la route à la manifestation ouvrière. Voilà bien la réalité du monde capitaliste et de l’Etat bourgeois, qu’il soit géré par la droite ou la gauche : quand les grands capitalistes comme Peugeot touchent des milliards de fonds publics et menacent de jeter des milliers d’ouvriers à la rue, les représentants de l’appareil d’Etat ne font pas la moindre menace pour contraindre les patrons à maintenir les emplois ; mais quand des ouvriers veulent manifester leur colère et revendiquer leur droit de vivre, là, l’Etat apparaît immédiatement sous la forme d’un « groupe de gars armés ».
La réussite de la mobilisation du 28 juin n’est qu’une étape. La lutte continue dès l’après-midi ou le lendemain dans les ateliers de tous les sites pour le maintient de tous les emplois, contre la chasse aux travailleurs malades lancé par les directions à Poissy, Mulhouse et ailleurs, pour la répartition du travail entre tous les sites et l’embauche des intérimaires. Avec 600 grévistes, les ouvriers d’Aulnay ont bloqué la production le matin du 28 juin : quelle force aurait les dizaines de milliers de travailleurs de tout le groupe ! C’est à chaque travailleuse et travailleur que revient la tâche de convaincre collègues et camarades de la puissance de notre force collective. La classe ouvrière, justement parce qu’elle est la classe qui produit toutes les richesses, dispose d’une force capable de renverser des montagnes, d’imposer ses revendications aux patrons et aux gouvernements à leur service, et même de mettre fin au système et à l’exploitation capitalistes.
Correspondant ICO, 29 juin

Initiative Communiste-Ouvrière






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